menteuseAu lycée, Micah a une mauvaise réputation. D’abord parce que c’était un garçon. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’était une fille. Car Micah est une menteuse. Compulsive. Chevronnée, presque professionnelle. Alors quand on annonce la mort de Zach, un lycéen de sa classe, et qu’en plus il sortait avec Micah en cachette, les noms d’oiseaux fusent. Menteuse. Salope. Tueuse. Mais qu’est-ce qui est vrai dans ce que Micah nous raconte? Qui a tué Zach? Quelle était exactement sa relation avec Micah, lui qui était le petit ami de Sarah aux yeux de tous? Où était-elle au moment de la mort de Zach, et comment le savoir? Pourtant Micah le promet : elle arrête de mentir. A nous, lecteurs, elle va dire toute la vérité.

Quel dommage d’avoir traduit le titre de ce livre! Il éclaircit d’entrée le premier mensonge, le premier mystère sur Micah. Or tout le livre repose sur ce que Micah nous raconte, ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas, dans quelle mesure, ce qu’elle nous cache. Ce livre commence donc sur une introspection d’une menteuse qui promet de dire “la vérité”, alors que dès la deuxième partie, elle annonce qu’elle dira désormais “la vérité vraie” et dans la troisième partie, elle passe à “la vérité authentique et véritable”. Vous l’avez compris, il y a plusieurs couches, plusieurs niveaux de vérité. Et elle ne cessera d’alterner entre ce qui s’est passé avant la mort de Zach, ce qui s’est passé après, et l’histoire de sa famille. Avant: sa relation avec Zach, ce qu’elle racontait aux autres, depuis sa malformation de naissance jusqu’au métier de son père. Après: ce qu’elle a raconté à la Police, ce qu’elle a fait le soir où Zach est mort. Sa famille: leurs secrets, leurs non-dits, l’obsession qu’ils ont concernant la “maladie de la famille” et le traitement que Micah doit prendre tous les matins sans faute. Alors qui est réellement Micah? Est-elle réellement sorti avec Zach le beau garçon populaire, elle la paria du lycée? Est-elle réellement malade? A-t-elle un problème avec sa puberté féminine au point de vouloir se faire passer pour un garçon? Qu’est-elle capable d’inventer pour ne pas avouer où elle était le soir où Zach a été tué? D'ailleurs est-il réellement mort? Ce qui me fascine avec ce livre, c’est que le lecteur lui-même est victime de la mythomanie de Micah, il joue avec tous les codes de la littérature adolescente: roman noir, fantastique, introspection et recherche de soi, matérialisation des fantasmes, sexualité naissante et interdite, désirs inavouables, besoin de popularité, intrigues de lycée. On n’échappera pas à quelques longueurs dans la troisième partie où l’histoire de Micah devient trop linéaire, où j’ai fini par me lasser à ce qu’elle fasse semblant de révéler ses mensonges alors que le plus gros est probablement juste sous nos yeux. Mais dans l’ensemble, j’ai trouvé le concept et l’angle d’approche extrêmement intéressant, plein de surprise, sans niaiserie ni facilités et véritablement intrigant.

La note de Mélu:

Note 4

Un livre jeunesse vraiment intelligent.

Un mot sur l’auteur: Justine Larbalestier est une auteure australienne.

Titre original: Liar (traduit de l’anglais, d’une manière peu judicieuse à mon sens puisque le mot anglais n’a pas de féminin!)

Un grand merci à Karine de logo club de lecture  et aux éditions Gallimard Jeunesse.

challenge petit bac

catégorie “gros mots” (oui, très soft, mais il y a des enfants qui jouent!)