Je vous avais déjà parlé de ma manie de voir des références littéraires dans mes lieux de tourisme. Histoire de passer encore plus pour une monomaniaque, je m’amuse souvent à repérer les références littéraires dans les chansons. Alors soyons clairs: j’exclue immédiatement les chansons issues de comédies musicales (Esméralda, Roméo et Juliette et autres Tristan et Iseut ont en leur temps envahi nos radios) ou de bandes-originales d’adaptations (comme le Alice d’Avril Lavigne). Non, là je vous parle de chanteurs ou paroliers qui ne sont pas obligés de le faire mais qui ont eu envie de faire référence à des romans dans leurs chansons, n’ayant pas peur d’envoyer au top 50 des paroles un peu plus intellos que “I kown you want me hu hu you know i want you hu hu” .

Commençons avec le plus kitch:

Et oui, ce titre est un hommage à l’oeuvre de Marcel Proust, dont le premier tome s’intitule justement “Du côté de chez Swann”, comme le montre le gros plan du clip. Avouez: un clip qui montre Dave assis sur une pile de livres géants, ça a de quoi marquer! Plus sérieusement, le texte de la chanson est un bel hommage au travail de mémoire auquel Marcel Proust se livre après avoir goûté à la célèbre petite madeleine (“on oublie, et puis un jour il suffit d’un parfum”) et vous y trouverez aussi des références aux autres tomes de La Recherche du Temps perdu comme A l’ombre des jeunes filles en fleur. Et ouais, j’assume!

Allez, rassurons-nous avec quelque chose de plus fashion:

Mylène Farmer emprunte bien sûr son titre au “Petit Prince” de Saint-Exupéry ainsi que de nombreuses répliques sur l’imagination et le désir de voir les choses à la manière d’un enfant. Ecoutez bien : “ce que les yeux ne peuvent pas voir”, “le ciel est triste sans imagination”, “apprivoiser l’absurdité du monde”.

Rho allez, on sait que Roméo et Juliette sont cités à tort et à travers dans la musique alors je vous propose la version de Michel Polnareff:

Pour les plus jeunes, Alizée avait aussi proposé une relecture de l’histoire façon XXIème siècle, que j’ai trouvée divertissante:

Ca a au moins le mérite de rappeler que Roméo et Juliette a été écrit par Shakespeare et qu’ils avaient un nom de famille.

Plus sérieusement, Mc Solar s’est inspiré du très célèbre roman de Dan Brown avec sa dérision et son talent habituel:

Là encore, le texte mêle des références au livre d’origine, et brode, autour du thème du complot et de la dissimulation, une chanson au sens bien plus large invitant à se méfier du prêt-à-penser et de ce qu’on raconte partout et surtout dans les médias.

Le célèbre roman de Stevenson lui aussi en a inspiré plus d’un. D’un côté, certain reprennent l’histoire de manière presque prophétique et autobiographique:

D'autres en font des métaphores intéressantes, plus radiophoniques:

J’ai essayé de m’en tenir au domaine français, un peu pauvre en la matière. Ceci dit, je ne résiste pas à vous citer le fameux “Wuthering Heigh”, où Kate Bush prête à sa voix au fantôme de Cathy venant taper à la fenêtre d’Heathcliff!

Je terminerai par un clin d’oeil aux poètes qui peuvent encore inspirer de manière quasi intégrale de superbe chansons. Voici dans l’ordre Pierre Corneille, Joachim Du Bellay et Louis Aragon (originellement mis en musique par Ferrat):

 

En connaissez-vous d’autres? Je serai ravie d’en découvrir encore!