9782704810017L’auteur: André Besson (né en 1927) est un écrivain, journaliste et historien français.

Le livre: Alexandra Von Schonburg est une jeune comtesse veuve qui débarque en Bavière à la recherche d’un emploi. Elle est embauchée comme préceptrice des enfants du Duc Max. Parmi eux, elle se rapproche d'une jeune princesse un plus jeune qu’elle, Elisabeth, surnommée Sissi. Très vite, elle se laisse gagner pas la liberté de ton qui règne au château du duc Max, et n’hésite pas à gambader dans la campagne et à rire aux éclats avec son amie. Et lors d’un soir d’orage, les deux jeunes filles se rapprochent même plus encore et deviennent amante. Mais quelque chose se prépare: Hélène, la soeur aînée de Sissi, étudie d’arrache-pied les langues étrangères et se montre de plus en plus supérieure. On dit qu’elle devrait épouser leur cousin, l’empereur d’Autriche François-Joseph. Sissi n’en a cure, mais lors d’une rencontre avec l’empereur et sa mère, celui-ci n’a d’yeux que pour elle, ce qui inquiète beaucoup Alexandra…

Disons-le directement: après quelques recherches, les précisions historiques de ce roman semblent bien douteuses. Mais que n’a-ton pas raconté sur Sissi? Ici, il fallait bien une narratrice, spectatrice privilégiée d’une vie à la fois grandiose et misérable, qui va la raconter dans une journal intime. Car l’avantage de ce roman est qu’il nous présente une Sissi bien écornée. Vendue par sa famille (“On ne refuse pas un empereur”) alors qu’elle a quinze ans et demie, elle épouse un homme qui certes l’aime passionnément, mais ne lui cèdera rien de la rigoureuse étiquette auquel son rang l’a confiné. Et comme Sissi elle-même a un caractère bien trempé, toute sa vie n’a été que conflit. Tout commence avec une nuit de noce qu’elle doit prendre en otage pour obtenir de garder avec elle à la cour son amie Alexandra. Et puis bien évidemment, les célèbres passages où Sissi voit ses enfants lui être enlevés, parce qu’elle est trop jeune, trop incompétente ou qu’elle ne se remet pas assez vite. André Besson a réussi à nous peindre une Sissi malheureuse, blessée, réduite à son rôle de joli faire-valoir de son mari, sous la terrible pression de ne pas avoir d’enfant mâle, subissant la mort de sa petite fille et se persuadant qu’elle en est responsable. Et devant l’impuissance à prendre en main son propre destin, malgré les tentatives de rôle politique où elle essaye de s’infiltrer, Sissi restera celle dont la beauté a réussi a calmer les ennemis de l’empereur. Elle n’a plus que cela. Dépressive, obsédée par son tour de taille, son poids, ses dents un peu trop jaunes, avalant d’horribles mixtures pour préserver son teint de rose, Sissi ferait presque peur. François-Joseph, loin du prince charmant, brille par son absence (je ne suis même pas sûr qu’on lui donne la parole une seule fois dans le roman) et lorsque sa femme se montre trop saturnienne, a volontiers recours aux “comtesses hygiéniques” fournies par sa propre mère. Bref, aussi prenant et douteux qu’un roman, aussi “sublime et grotesque” qu’un roman hugolien.

La note de Mélu:

Note 4

Un roman historique qui remplit parfaitement son rôle.

bannière 52 livres

46 / 52

challenge petit bac

catégorie “personne célèbre”

Je dédie cet article à ma petite soeur, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, et qui est une grande fan de Sissi.