dans l'ombre du dragonL’auteur: Maureen Jennings (née en 1939) est une auteure canadienne créatrice du détective William Murdoch auquel elle a consacré sept romans.

Le livre: 1895, Toronto. Dolly Merishaw est une accoucheuse aux méthodes peu orthodoxes, qui ne pose pas trop de question mais qui sait se rappeler au bon souvenir de ses “clientes”. Elle vit avec deux enfants adoptifs et sa fille Lily, muette et sourde, dans une saleté et une pauvreté épouvantable. Lorsqu’elle est retrouvée morte, dans une flaque de bière, l’inspecteur Murdoch commence par soupçonner un accident dû à une beuverie. Mais l’autopsie révèle des fibres de tissus dans les narines de la morte: elle aurait donc été assassinée. Murdoch décide de faire parler les voisins : ils pointent du doigt une visiteuse, une certaine Annie, une danseuse de cabaret, une fille peu fréquentable. Une coupable idéale. Dans ce cas, pourquoi Murdoch trouve-t-il dans le bureau de la défunte la carte de visite de Maud Pedlow, la respectable épouse d’un notable local, juge qui plus est?

Ce que j’aime dans les polars historiques, c’est que la peinture des moeurs et de la société y est autant mise en avant que l’enquête elle-même. Ici, c’est dans les bas-fonds de Toronto qu’on nous entraîne, dans la crasse, la puanteur et l’alcool. Là, on y croise des orphelins infirmes, des prostituées, des semi-sorcières que l’on nie connaître le jour mais que l’on court chercher à son secours dès qu’on est dans une situation embarrassante. Murdoch lui-même entre dans ce jeu: l’inspecteur, issu du peuple, a dû apprendre les bonnes manières pour être introduit dans la bonne société mais garde son regard critique sur des riches qui échapperaient volontiers à la justice dès que leur argent leur permet de faire étouffer une affaire. L’inspecteur s’attache à ne pas faire une justice à deux vitesse et son enquête souligne plusieurs aspects dérangeants parce que les coupables sont souvent aussi victimes. Ici, ce sont notamment les femmes, mariées contre leur gré, dans une société ou le divorce et la contraception sont encore des mythes. Et au milieu de tous ces archaïsmes, des lueurs du progrès apparaissent, notamment grâce aux médecins et aux autopsies, dont les compte-rendu n’ont pas grand-chose à envier à nos experts d’aujourd’hui par leur précision. Le tout donne un roman historique bien documenté sur une période charnière de l’histoire humaine, un roman social tout en nuances et un roman policier bien mené.

La note de Mélu:

Note 4 

Une lecture très divertissante et moins attendue que je ne le pensais.

Une série télévisée a été tirée de cette série. Le personne de Murdoch est assez éloigné du roman, mais l’ambiance est très fidèle. Indépendamment, ça reste une excellente série, que je vous recommande.

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