dernière station avant l'autorouteLes auteurs: Le scénario de cette bande-dessinée est signé Didier Daeninckx (né en 1949), auteur français connu pour ses romans noirs. Il adapte ici le roman d’Hugues Pagan (né en 1947), un ancien policier devenu auteur de polars. Les dessins sont de Mako.

Le livre: Un flic usé, fatigué. Il tient ses permanences de nuit comme on pointe à l’usine. Plus rien ne l’intéresse, ni sa vie privée, ni les scènes de crimes ou d’accidents toutes plus sanglantes les unes que les autres auxquelles il est confronté nuit après nuit et qui deviennent une routine aussi glauque que répétitive. Et quand il n’est pas assez saoul, c’est le visage d’une petite fille morte enfermée dans un sac en plastique noir qui revient le hanter. Des erreurs et des provocations à l’égard des collègues, un peu trop d’alcool, un peu trop de détachement, et le voici sur un siège éjectable.

J’ai eu avec cette bande-dessinée un peu de mal à comprendre l’intrigue, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y en avait pas vraiment. Pour ce protagoniste, les cas se suivent, se ressemblent, s’enchaînent, sans qu’il s’arrête sur l’un ou sur l’autre. En pleine désillusion, il a renoncé à chercher des réponses et des explications à toutes les horreurs qu’il a vues, de toxico au crâne défoncées aux demandes d’organes des hôpitaux sur des corps à peines identifiés. Il ne s’intéresse plus aux énigmes, aux gens qu’il trouve mort et c’est très déconcertant pour le lecteur: aucun approfondissement, rien qu’une ambiance sombre, lourde, pesante, où rien ne vient apporter un peu de lumière ou un peu de sens. Très oppressant, servi par des dessins francs et crus. Le seul vrai fil narratif, c’est la descente aux enfers du narrateur, qui de policier désabusé, voit son avatar grimaçant dans son collègue qui fait justice lui-même, devient clodo ramassé par ses propres collègues et finit par disparaître, là où personne ne doit le retrouver. Je ne saurai dire si j’ai aimé, car le roman noir me laisse toujours sur cette impression agressive que rien n’y est important à part le désespoir lui-même, mais je salue la performance pour l’impression de malaise dans laquelle il m’a laissée.

La note de Mélu:

Note 3

Une bande-dessinée troublante.

bannière 52 livres

42 / 52

challenge petit bac

Catégorie “Lieu”