les oliviers du négusL’auteur: Laurent Gaudé (né en 1972) est un auteur français, lauréat du Prix Goncourt des lycéens en 2002 avec La Mort du roi Tsongor, et du Prix Goncourt en 2004 avec Le Soleil des Scorta.

Le livre: La guerre, la violence et l’incompréhension qu’elle provoque, voici le thème commun aux quatre nouvelles qui composent ce recueil. Dans “Les Oliviers du Négus”, un narrateur apprend avec surprise et tristesse la mort de Zio Négus: il se rappelle alors cet idéaliste italien épris d’exotisme et de liberté, qui déchanta en découvrant non seulement que la campagne d’Ethiopie où l’envoie Mussolini n’est qu’une boucherie, mais aussi que l’Italie où il revient ne lui réserve que des trahisons. Dans “Le bâtard du bout du monde”, nous voici au fin fond de l’Empire Romain, dans cette zone du bout du monde aux frontières des royaumes barbares où personne ne veut aller, où les hommes s’enlisent et s’abrutissent en constatant que Rome les oublie délibérément alors que les barbares sont là, tout prêt, et que l’Empire ne les impressionne déjà plus. Dans “Je finirai à terre”, un paysan prévient les soldats que leur guerre, à force de creuser la terre de ses tranchées, à force de la perforer de ses obus, à force de la gaver des cadavres entassés dans les fosses communes, finira par l’énerver, la terre, et qu’elle a pris la forme qu’il fallait pour se venger. Enfin, dans “Le Tombeau de Palerme”, un juge sicilien qui lutte contre la mafia attend que ses ennemis viennent lui régler son compte.

Ces nouvelles m’ont beaucoup plu. D’abord, parce qu’elles sont assez longues, et qu’elles permettent donc toute une palette de nuances. Tantôt l’on voyage dans les époques, de Frédéric II à nos jours, au travers de lieux centenaires qui gardent l’empreinte des grands hommes qui y sont passés. Tantôt on revit des périodes méconnues, comme cette Antiquité romaine, loin de sa grandeur, ici boueuse, effacée, presque déjà morte. Souvent, on a la sensation que le moment fatidique est là, tout prêt, et qu’il ne nous reste pas beaucoup de temps, que nous sommes témoins d’un moment, d’un événement privilégié et unique.
Tout comme cette lecture audio, qui était une découverte pour moi. Si au départ il est un peu difficile de s’habituer à cette passivité, on se laisse assez vite prendre à la voix douce de Laurent Gaudé qui lit lui-même son texte et qui nous le raconte, lentement, pour nous laisser nous en imprégner. Dès la deuxième nouvelle, déjà, l’attente se fait sentir: savoir qui est ce soldat romain, ce qu’il va faire dans cette garnison à la frontière. On est soumis à ce que la voix veut bien nous révéler, sans possibilité d’avancer plus vite comme on le fait parfois lorsqu’on lit. Expérience d’autant plus troublante dans “Je finirai à terre”, lorsqu’on entend le gollem créé par la terre courir la campagne puis marcher au premier étage, et qu’on l’entendrait presque marcher derrière les paroles du conteur. De quoi vous plonger au coeur de l’action avec une troublante impression de confidence au coin du feu.

La note de Mélu:

Note 4

Une expérience de lecture fascinante sur un texte d’une grande qualité. Un grand merci à Babelio pour cela!

 

 

Je profite de cet article pour vous signaler l'existence d'un site intéressant: Book d'Oreille. Il s'agit d'un portail consacré à la littérature audio, permettant à la fois de compiler les références de tous les livres qui ont été mis en format audio, tous les éditeurs qui proposent ce format et toutes sortes d'informations sur cette autre manière de lire.

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