le coeur cousuL’auteur: Carole Martinez (née en 1966) est une auteure française.

Le livre: Soledad, condamnée à la solitude par son prénom, nous raconte l’histoire de sa mère. Frasquita a un don pour la couture. Ses points rendent vivants le moindre dessin brodé, elle sublime n’importe quel bout de chiffon, elle corrige les cruautés que la nature a faite aux femmes en leur cousant des robes qui les transforment. Elle coud un petit cœur de tissu pour la Madone de son village: il semble palpiter sous la robe de la Vierge. A partir de haillons, elle crée une robe de mariée si sublime que la jalousie des autres femmes la fera faner le jour de ses noces. On la croit un peu magicienne, un peu sorcière. Elle laisse dire, et donne naissance à plusieurs filles, ce qui n’arrange pas ses liens avec son mari, qui lui parle peu et qui ne veut qu’un fils. Lorsque celui-ci se lance dans le combat de coq, elle découvre une autre facette de son don: celui de recoudre, avec la même dextérité, les chairs et les muscles.

Le résumé de ce livre est difficile à faire, tant ce livre vous entraîne loin. La langue est riche, onirique, poétique, musicale et chaude comme l’Espagne où cette histoire commence. Car c’est en partant d’un terrible prosaïsme que ce roman va le sublimer, le transformer en véritable conte merveilleux. Où des femmes se transmettent de génération en génération une boite, avec consigne de ne pas l’ouvrir, car au bout du délai imposé, elle trouvera un véritable miracle à l’intérieur, qui rendra chacune d’elles exceptionnelle. Où des femmes se transmettent les prières qui soignent, qui apaisent, qui font des miracles, voire qui ramènent la vie. Où une épouse jouée et perdue par son mari devient un véritable mythe, traversant l’Andalousie en robe de mariée avec une charrette remplie de ses enfants. En définitive, c’est dans un univers très féminin, où les femmes gardent jalousement leurs mystères, leurs blessures et leurs forces, mais aussi leur magie, que Frasquita transmet en laissant un don à chacun de ses enfants, en même temps qu’une robe de noce qu’elle coudra à l’avance pour chacune de ses filles. Et si on n’échappe pas à quelques longueurs, notamment lorsque Frasquita rencontre une révolution dont on comprend mal contre quoi elle se révolte, la magie opère. Entre réflexion humaine, conte merveilleux, fable mystique, ce roman est un enchantement.

La note de Mélu:

Note 4

Une petite perle.

12 auteurs

 

bannière 52 livres36 / 52

challenge petit bac

Catégorie “partie du corps”