histoire d'oL’auteur: Pauline Réage est le pseudonyme de Dominique Aury (1907-1998), mais elle ne l’avouera que très tard. L’identité mystérieuse de son auteur a longtemps contribué au mythe de ce roman érotique.

Le livre: O est emmenée par son amant René, dont elle est folle amoureuse, au château de Roissy. Dès la voiture, il lui donne des consignes: plus de slip, plus de soutien-gorge. Docile, O obéit. Mais une fois au château, elle est déshabillée, masquée, attachée, violée, battue. Son amant la livre à d’autres hommes qu’elle ne connaît pas et qu’elle n’a pas le droit de regarder dans les yeux. Il le lui explique très vite: elle est ici pour être rendue docile, pour devenir son esclave. Et pour le plaisir de René, O accepte.

La première surprise a été bonne puisqu’elle concernait la langue: j’ai été ravie de trouver enfin un roman érotique qui ne cédait jamais à la vulgarité et qui donnait au texte un petit côté désuet. J’ai trouvé le début de l’histoire intéressant: on est dans une mise en scène sado-masochiste permanente dont O s’applique à comprendre et appliquer les règles, et la théâtralité de l’intrigue m’a plu. Ce qui m’a moins plu en revanche, c’est que l’auteur essaye de nous expliquer comment O peut arriver à trouver du plaisir dans cette violence et cette humiliation permanente où est nié jusqu’à son statut d’être humain (on la promène volontiers en laisse). Evidemment, le challenge du livre est là, mais la conséquence en est de longues, très longues digressions psychologisantes et introspectives qui m’ont souvent semblé tourner en rond et ne pas faire avancer grand-chose. En matière d’action, il ne s’y passe donc pas grand-chose. Et j’irai même plus loin: si le parti pris est de nous montrer qu’O finira par trouver du plaisir dans sa souffrance, j’ai eu l’impression d’une gradation dans la souffrance qui n’atteignait jamais vraiment le plaisir ou en tout cas que de manière bien ponctuelle et éphémère (là où sa soumission doit être permanente, y compris lorsqu’elle est seule). Plus qu’un roman érotique, c’est un roman de la dépersonnalisation, mais sur un mode auquel je n’ai pas particulièrement accrochée. Le seul argument qu’O fournit étant la volonté de ne plus s’appartenir, je ne l’ai pas trouvé particulièrement convaincant.

La note de Mélu:

Note 2

Pour une fois qu’un roman érotique avait un vrai projet, c’est dommage que je n’y adhère pas.

1 livre 1 genrecatégorie “littérature érotique”

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