la page blancheL’auteur: Boulet (né en 1975) est un scénariste de bande-dessinée français, remarqué par un certain Zep…

L’illustratrice: Pénélope Bagieu (née en 1982) est décidément une fille à laquelle j’accroche bien depuis que je suis ses chroniques BD. Dessinatrice et illustratrice, elle a signé le texte et les dessins des aventures de Joséphineet le roman graphique Cadavre Exquis.

Le livre: Elle est assise sur un banc, dans une rue. Que fait-elle là, déjà? Elle ne se rappelle plus. Il faut rentrer… Mais où habite-t-elle déjà?  Elle ne sait plus… D’ailleurs, qui est-elle? Et que faisait-elle, il y a cinq minutes? Rien… le trou noir. Dans le sac qui est sur ses genoux, elle trouve des papiers, une adresse. Un nom. Eloise Pinson : le sien? Ca ne lui dit rien… Peu à peu, elle redécouvre une vie qui a l’air d’être la sienne mais qu’elle ne reconnaît pas. Pire: qui ne lui convient pas.

Disons-le tout net: j’ai adoré. D’abord le concept: avec l’héroïne, nous allons enquêter sur son identité, tâtonner en espérant que ça passe et qu’elle ne finisse pas à l’asile. Que venait-elle faire dans ce coin-là? Que lui révèlent les livres, les meubles, le courrier dans l’appartement dont elle a la clé, sur ce qu’elle était? A –t-elle une famille, un homme dans sa vie? Nous reconstituons avec elle ce puzzle, tant cette histoire paraît invraisemblable. Car, ainsi que le lui indique les médecins, son amnésie n’a rien de normal. Pas de choc, pas de séquelle, ils n’y comprennent rien, au point de se demander si elle ne joue pas la comédie. Touchante dans sa détermination à comprendre ce qui lui arrive, à essayer de dire “je” et non pas “elle” lorsqu’elle parle de celle qu’elle a dû être mais dont elle ne se rappelle rien, l’héroïne est aussi extrêmement drôle, puisqu’elle laisse volontiers vagabonder une imagination débordante, notamment au moment d’ouvrir la porte de l’appartement (que va-t-elle trouver derrière? Une scène de crime? Une fête d’anniversaire surprise? Un mari infidèle?) ou lorsqu’elle découvre une piqure dans son cou (serait-elle une espionne dont on aurait effacé la mémoire parce qu’elle en savait trop?). C’est haletant, c’est drôle, c’est beau: le dessin aime à nous représenter une héroïne perdue au milieu de page blanche dont elle essaye de réécrire le contenu, de pages muettes où elle se débat dans le silence.

La note de Mélu: un coup de coeur!

coup de coeur 2

Un très joli cadeau!

bannière 52 livres

 

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challenge petit bac

Catégorie “couleur”