le pays des cerisiersL’auteur: Fumiyo Kouno (née en 1964) est une mangaka japonaise née à Hiroshima.

Le livre: Nous sommes en 1955. Depuis dix ans, les habitants d’Hiroshima reconstruisent doucement leur vie. Minami vit avec sa mère dans une maison qui n’est presque que ruine. Elle est couturière, et tente de se fabriquer des sandales pour économiser ses chaussures. Mais Minami est hantée par ceux qui, contrairement à elle, n’ont pas survécu à la catastrophe. Elle entend leurs cris, elle revoit leurs peaux brûlées. Mais en est-elle vraiment sortie indemne, avec toutes ces radiations? Comment peut-elle envisager d’être heureuse lorsqu’elle est issue de la seule ville à avoir connue la bombe atomique?

La couverture romantique et pastel de ce mange ne laisse pas présager un contenu aussi troublant. Le ton est lourd de reproche: pendant combien de temps encore les Japonais vont-ils subir les conséquences de cette bombe? Des maladies directement liées à l’exposition aux radiations qui se développement, on en avait entendu parler. Mais dans un monde post-apocalyptique, nombreux sont ceux qui se demandent comment ils doivent comprendre leur survie, comment ils doivent se comporter face aux fantômes de ceux qui n’ont pas survécus. Et on ignore pendant combien de générations les effets se transmettent des mères aux enfants. L’auteur évoque une véritable discrimination envers les hibakusha, les victimes de la bombe ou de ses effets. Catalogués à l’école, on reproche même à un jeune homme de vouloir en épouser une. A quoi sert de se marier à quelqu’un qui risque de mourir ou de transmettre les conséquences à ses enfants? Les dessins sont ceux des mangas les plus populaires, les personnages tendent vers la rondeur enfantine, et le contraste n’en est que plus poignant. Oscillant entre tentation du désespoir et volonté d’avancer, ce manga est une oeuvre délicate et marquante qui réhabilite un genre trop souvent taxé de légèreté en France.

La note de Mélu:

Note 4 

Une découverte dont je ressors ravie.

Titre original: Yunagi no machi sakura no kuni (traduit du japonais, sens de lecture original)

1 livre 1 genre

Catégorie “Manga”

bannière 52 livres

13 / 52

challenge petit bac

Catégorie “Végétal”"