les mystères de la forêtL’auteur: Ann Radcliffe (1764-1823) est une auteure britannique, qui a connu une très grande popularité au XVIIIème siècle.

Le livre: En plein milieu de la nuit, un carrosse quitte précipitamment Paris. Monsieur de La Motte et sa famille fuient la capitale. En traversant une forêt, ils font une pause près d’une maison visiblement habitée par des brigands. Ceux-ci les laisse repartir, à la condition qu’ils emmènent avec eux sans se retourner une jeune fille. Adeline, effarée, seule, se laisse emmener et la famille se prend d’affection pour elle. Au moment où ils arrivent près d’une vieille abbaye en ruine en plein milieu de la forêt, une roue casse. Ils resteront donc là, et s’installent dans le vieux bâtiment. Adeline, ayant avoué que son propre père a tenté de se débarrasser d’elle, profite de la paix et de l’émotion que lui procure la nature autour d’elle. Mais très vite, La Motte s’offre lui aussi des excursions mystérieuses dans les fourrés, et sa femme soupçonne une liaison avec la jolie orpheline. Sont-ils vraiment à l’abri dans cette mystérieuse bâtisse dont les pièces les plus secrètes semblent avoir été habitées par bien des drames?

Cette édition Folio contient les trois tome de l’histoire d’Adeline, héroïne pathétique s’il en est. Condamnée à mort dès le départ, elle ne cesse de fuir et de jongler entre faux-semblants, trahisons, amis, ennemis, amoureux éconduits et prétendants un peu trop pressants. Ce qui m’a surtout embarquée dans ce roman, c’est la manière dont il se joue à huis-clos dans un lieu qui a tout du château hanté mais qui est leur seul refuge. La Motte et sa femme ont tout intérêt à y rester à l’abri de la justice et peu importe les squelettes ou les fantômes qui se cachent derrière les murs. Adeline y vivrait bien heureuse également, à l’abri de son père. Mais lorsque le propriétaire des lieux, après avoir découverts ses occupants et compris leur situation, jette son dévolu sur la jeune fille, et exige de La Motte qu’il la lui livre sous peine de le dénoncer aux autorités, la tension devient palpable. Très longtemps, on ne sait si La Motte est un allié ou un ennemi pour Adeline. Véritable pomme de discorde, fille maudite, je me suis attachée à cette héroïne ballotée d’un bout à l’autre du roman alors qu’elle veut juste chanter les beautés de la nature dans ses stances en écoutant son doux Théodore lui conter fleurette. Car Ann Radcliffe est aussi poétesse, et n’hésite pas à nous transcrire les nombreuses poésies et chansons que son drame inspire à Adeline. Lyrique, gothique, mondain, cette histoire m’a rappelé Les Hauts de Hurlevent, dans une version où une héroïne pastorale et romantique se serait faite embarquer sur la lande.
Je dois pourtant avouer que le troisième tome m’a déçue. D’abord, on y quitte la forêt et l’abbaye, et on y change complètement de décor: l’ambiance est donc moins prenante. Ensuite, toute une galerie de nouveaux personnages débarquent, auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher nostalgique que j’étais des intrigues aigries de M. et Mme de la Motte. Enfin, on y tire des ficelles un peu grossières, façon Molière, quand on se rend compte que les personnages sont en réalité frère/sœur/père/fille et que tout va ainsi pouvoir s’arranger dans le meilleur des mondes. Bref, un peu longuet sur la fin.

La Note de Mélu:

Note 4

Une lecture riche et envoûtante.

Un immense merci à Karine de logo club de lecture et aux éditions Logo-Folio pour ce partenariat.

Titre original: The Romance of the Forest (traduit de l’anglais).

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Catégorie “Littérature classique”

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