Penelope-GreenL’auteur: Béatrice Bottet m’avait déjà fait rédiger des éloges avec Rose-Aimée.

Le livre: A la mort de son père, journaliste, Penelope est très intrigué par un de ses dossiers qu’il a refusé de classer ou de confier à un de ses collègues et qu’il a simplement brûlé en refusant de lui dire de quoi il s’agissait. Tout ce qu’elle a, c’est une adresse, une maison dans les bas-fonds de Londres. Et lorsqu’elle y va, elle se rend bien compte que son allure de jeune fille de la bonne société ne l’aide pas vraiment. Elle ne doit son salut qu’à l’intervention de Herbert Cox, un musicien infirme qui lui présente sa bande de chanteurs des rues particulièrement talentueux. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle rouvre un dossier consacré à un de ces jeunes musiciens trouvé mort égorgé, et que son père y semble lié de manière un peu trop étroite, Penelope se rend compte que sa toute nouvelle carrière de journaliste ne sera pas simple.

Sympathique. Ce roman se lit bien, ses personnages sont attachants et l’action y est permanente: on nous entraîne dans l’univers des orphelins de Londres, si cher à Dickens. Héroïne déterminée et pleine d’ambition, Penelope Green est une jeune femme qui ne veut pas se laisser enfermer dans sa condition, épouser un bon parti et se tenir correctement. C’est par un hasard heureux qu’elle croise Cyprien Bonaventure, un marin français qui accepte de lui servir de garde du corps pour se racheter d’une maladresse. L’intrigue de fond a un potentiel fabuleux et a de quoi vous tenir en haleine: des enfants qui mendient autour d’un maitre de musique, un club dédié à la vengeance, un dossier que tout le monde veut empêcher Penelope de rouvrir. Ceci dit, j’avoue que j’ai trouvé l’ensemble un peu superficiel. J’ai eu l’impression de relire une mauvaise variation sur Rose-Aimée, car on y retrouve l’opposition entre les riches et les pauvres, et même le marin français (qui a en plus ici un nom qui m’a paru bien ridicule). Bref, du déjà-lu pour moi. Les choses vont vite, la tension est souvent reléguée au second plan par des préoccupations bien romanesques comme les pseudo-déclaration d’indépendance et de modernité de l’héroïne (qui finit par se jeter toute seule dans la gueule du loup et supplier le chevalier servant de venir la sauver) ou le rapprochement des deux jeunes gens (seule justification du tabassage de Penelope qui n’amène rien ni à l’histoire ni à l’action). Mais là encore, je reste sur ma faim puisque l’histoire d’amour n’est même pas au rendez-vous. Mais l’écriture également ne m’a pas convaincue: alors qu’il devrait donner la couleur locale d’un Londres du XIXème siècle, a fortiori dans la bonne société, le langage est bien simple, voire parfois carrément familier, et cela m’a déçue. Et même pour un roman jeunesse, j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus travaillé. Pour moi, ce roman n’arrive pas à la cheville de Rose-Aimée, et réunit tout ce que je déplore dans les romans pour la jeunesse: un effet trop simpliste à de nombreux niveaux.

La note de Mélu:

Note 3

Divertissant, mais pas assez approfondi pour moi.

Je remercie les éditions Casterman et Karine du forum logo club de lecture pour cette découverte.

Et un titre pour la catégorie "Prénom":

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