une si longue attenteL’auteur: Janine Jaillet est une auteure bourguignonne que j’ai eu le plaisir de rencontrer et qui m’a gentiment dédicacé son livre.

Le livre: Il y a huit ans, son fils est parti. Il a quitté la maison. Depuis, plus de nouvelles. Le silence, plus déchirant encore que tout ce qu’il a pu dire. Un téléphone muet, des questions sans réponse, et une inquiétude aussi: comment va-t-il s’en sortir seul? Que dire? Que supposez? Que faire lorsqu’on ne fait qu’attendre sans que rien ne vienne apporter une petite lumière d’espoir? Elle dépose donc ses sentiments, ses peurs, ses espoirs. Et elle attend.

Ce court récit d’environ soixante-dix pages est étonnamment prenant. Etonnamment, parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose: il a déversé tout ce qu’il avait à dire, il a claqué la porte et depuis, elle s’inquiète. Mais les sentiments qu’elle exprime sont si habilement nuancés que l’on suit ses doutes avec un pincement au coeur. Tantôt elle parle de lui comme l’absent: “Quand réentendrai-je sa voix autrement que dans ce fichu répondeur?”, tantôt elle s’adresse directement à lui pour lui poser les questions qu’il n’entendra pas: “Que faire pour que tu n’aies pas envie d’en finir avec cette vie sans lumière?” Car on comprend que ce qui a provoqué ce départ, c’est un profond malaise. Et la mère se demande: que n’ai-je pas vu? qu’ai-je raté? Qu’ai-je fait de travers pour qu’il me fuie? Que fait-il maintenant qu’il est seul? Entre l’angoisse d’avoir échoué et celle de savoir son enfant sans rien, d’être contrainte à ne rien faire, la voix de cette mère a su me toucher.

La Note de Mélu:

Note 4

 

Un petit livre intense et émouvant.