l_gendes_du_vignobleL'auteur: Sandra Amani a déjà fait quelques apparitions sur mon blog, pour parler du Nivernais ou encore du Morvan.

Le livre: la Bourgogne est connue partout dans le monde pour son vignoble. Mais saviez-vous que d'étonnante légendes se racontent au pied des ceps de vigne? D'abord pour le nom même de ces quatre départements, dont tous ont pris le nom d'une ou de deux rivières qui les traversent, sauf... la Côte-d'Or, qui a réussi à imposer la lueur dorée de ses grappes. Entre romains ou chrétiens, tous ont vu des étranges phénomènes, ou des miracles autour des vignes. La Seine, par exemple, naît en Bourgogne parce qu'une jolie nymphe, Sequana, s'y était réfugiée pour fuir les avances pressantes du Dieu de la mer. Quant au Beaujolais, cette région si renommée pour ses "nouveautés", on la doit à Gargantua, grand défenseur de la Dive Bouteille s'il en est... De coutumes bourguignonnes en légendes et fées plus ou moins sympathiques, à rechercher ou à fuir absolument, venez vous plonger dans ces légendes pas si oubliées... un verre à la main!

A chaque fois que j'ouvre un de ces livres de légendes locales dont Sandra Amani a fait sa prédilection, je suis surprise par l'impact qu'ils peuvent avoir. Après tout, ce ne sont rien que des légendes populaires, voire des superstitions, comme il y en a un peu partout, et qui souvent se déclinent suivant la région. Et pourtant... Ce paysage qui nous semble si connu et si commun, voire un peu ennuyeux, ces histoires lui insufflent une magie insoupçonnée. Faire de la Seine une nymphe effarouchée, du Beaujolais l'oeuvre d'un géant sympathique, du Rossignol nocturne un rescapé d'une vigne un peu trop attachante ou de grosses pierres banales un laboureur pas assez pieux, cela laisse agréablement rêveur. Mais comme le rappelle Sandra Amani à propos de "La Fée qui file à Gevrey-Chambertin", "Cette histoire n'est pas un conte de fée". On y croisera des histoires de meurtres et d'adultères, des pendus, des maines coupées, et autres tortures. Celle qui m'a probablement le plus marquée est celle de la Galipote de Corpeau. Ne vous fiez pas à son nom cocasse, cette jeune fille et son petit âne blanc annoncent la mort de celui qui les croisent, que vous viviez au temps des Croisades, en 1940 ou en septembre 2001. Vous l'aurez compris, la plume de Sandra Amani ne se contente pas de vous embarquez dans des histoires des temps immémoriaux, mais elle se fait un plaisir de prendre vos attentes à revers en vous montrant qu'elles peuvent se reproduire là, sur le pas de votre porte. Volontiers poétique et lyrique, elle laisse également la parole à la "déesse de verre", aux courbes voluptueuses et à la robe de poussière que l'on déshabille lorsqu'elle sort enfin de sa cave, ou encore aux amoureux de ce vin, nectar qui, rappelons-le, est une création directe des dieux!

La note de Mélu:

Note_5

A déguster sans modération (ouais, ça va, je sais qu'elle était facile).

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Mélu : où êtes-vous allé chercher toutes ces histoires sur la Bourgogne et son vignoble ?

Sandra Amani: Un peu partout : je cherche sur internet, dans les almanachs bourguignons ou les almanachs de Bourgogne, dans les livres d’histoire (donc à la bibliothèque), dans les archives à la préfecture. C’est un gros travail de recherche. Parfois, ce sont juste deux lignes que je vais relever.

Mélu: certaines de vos « légendes » sont de véritables petits poèmes en prose, prouvant que vous imprimez votre patte à ces histoires que vous glanez. Comment concevez-vous cette appropriation des légendes bourguignonnes ?

Sandra Amani: Pour les poèmes en prose, quel que soit le thème (les vignobles, le Morvan…), ce qui m’importe, c’est le sentiment. Ce que je veux, c’est la mise au jour de certains sentiments à travers le thème que j’ai choisi. Par exemple, dans « Cuvée d’amour », je compare l’amour à un verre que l’on boit, et dans ce cas-là, le thème du vin n’est plus essentiel : c’est un instrument qui fait ressortir le sentiment.
Pour les autres histoires, j’ai toujours voulu qu’elles deviennent autre chose qu’une légende classique, en faire une chose personnelle : tantôt je la décline sur plusieurs histoires, tantôt je la transforme en nouvelle, comme « Le Mystère des fers à cheval de Chablis » où j’ai imaginé une histoire qu’un grand-père raconte à sa petite-fille. Je ne voulais pas sombrer dans la monotonie du format de la légende, toujours identique, qui ressemblerait à ce que d’autres font déjà. Je voulais le retravailler à ma sauce.

Mélu: Vous êtes venue à l’écriture par la littérature de jeunesse, avant de vous consacrer à ces contes et légendes bourguignons. Avez-vous d'autres projets dans d’autres genres littéraires ?

Sandra Amani: J’aimerais écrire un roman fantastique tout public. J’avais prévu un roman jeunesse, concernant la rencontre d’un enfant et de la mort personnifiée sous les traits d’une femme, et finalement, je souhaiterai en faire un roman pour adulte, en prenant un personnage adulte. Dans tous les cas, je resterai dans le fantastique, c’est le genre que je préfère. Je n’ai pas envie d’écrire du policier ou de la biographie, et pour les histoires réalistes, d’autres le font bien mieux que moi.
Concernant les légendes et histoires bourguignonnes, je travaille actuellement sur le tome 2 des Mystères du Nivernais, et aussi sur des Histoires d’amour en Bourgogne, prévues pour mai 2012.

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Un très grand merci à Sandra Amani pour avoir pris le temps de répondre à mes questions.

 

Et un titre pour la catégorie "Végétal"

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