les_calepins_oubli_sL'auteur: Andy Pecoraro a vingt-huit ans et a commencé par le dessin et la bande-dessinée avant de se tourner vers l'écriture. Plus d'info sur son blog!

Le livre: dans un monde futuriste laissé à l'état de ruine sauvage par des guerres institutionnelles, un homme consigne dans des calepins ses réflexions et ses anecdotes. Le secteur treize est devenu un endroit dépravé sous le contrôle de Lilith, une femme détruite par une vie de brimades, de viols et de tortures, et qui asservit ses sujets en les avilissant. Une seule solution pour ramener un semblant d'ordre: éliminer Lilith.

Mon résumé n'est pas clair, et pour cause: je n'ai pas tout compris dans ce livre. L'univers dans lequel on plonge n'est pas clairement présenté, et si l'on conçoit assez vite qu'on est dans un monde sinon apycalyptique, du moins sacrément abîmé, on a cependant du mal à accrocher car, notamment au début, rien ne nous est expliqué. Pourtant, tout commençait bien : un enlèvement d'enfant, une secte sanguinaire, l'enfant sauvé in extremis, Lilith la petite fille traumatisée par un père violent et complètement fou. Mais comment cette enfant, certes devenue un monstre à son tour, prend un tel pouvoir sur tout le secteur treize, j'ai eu du mal à le suivre. Et si toute l'histoire n'est qu'une grande croisade contre Lilith, qui pourrait être haletante, elle est sans cesse interrompue par une écriture extrêmement digressive, qui ne cesse de raconter anecdotes sur anecdotes, de commenter, pour tenter de nous faire comprendre un contexte que l'on ne perçoit que par touche. Très, très difficile de s'y retrouver, et surtout, pendant ce temps, pas d'action.
Ce qui me chagrine, c'est que c'est précisément le concept de "calepin", de journal intime qui consigne par touche les pensées de son auteur, qui donne cet aspect un peu décousu: c'est voulu, c'est réussi, mais je n'y ai pas du tout accroché. Ce qui est d'autant plus dommage, c'est qu'arrivé à la fin, on trouve une chronologie qui nous rappelle les événements importants de ce monde futur, dans l'ordre, et qui rend les choses beaucoup plus claires: pourquoi ne nous faire rentrer dans cet univers qu'une fois le livre fini? La recette n'a pas fonctionné sur moi.
Dernier point : le livre est jalonné de confusions lexicales (raisonner pour résonner, hors pour or) et comporte même quelques fautes d'orthographe. Je m'en suis énervée, jusqu'à ce que je prenne le parti de les attribuer, comme le dit le narrateur, au robot censé retranscrire ce texte sous la dictée et à qui les subtilités langagières échappent. Je doute que toutes les fautes soient imputables à cet effet de style, mais j'ai préféré le penser pour ne pas trop gâcher la lecture.

Je reste d'autant plus gênée et frustrée que j'ai beaucoup aimé le ton, cynique et plein d'humour, mais aussi extrêmement cultivé, que l'auteur déploie dans ce livre. Un autre texte, moins atypique et moins marqué, m'aurait peut-être permis de mieux rentrer dans son univers.

La Note de Mélu:

Note_2

Je suis restée en-dehors. Une rencontre manquée.

Et un livre de plus dans la catégorie "Objets"!

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Merci à Andy Pecoraro et à Karine du logo_club_de_lecture