une_vieL'auteur: Guy de Maupassant est l'auteur de grands romans du XIXème siècle, comme Bel Ami. Celui-ci est son premier...

Le livre: A dix-sept ans, Jeanne sort enfin du couvent pour commencer sa vraie vie. Dans le château normand de ses parents, elle savoure avec ivresse sa liberté et les grands espaces. Ses parents ont de l'argent, mais Jeanne aime la simplicité. Lorsqu'un jeune noble fréquente de plus en plus la famille, l'idée de mariage lui vient naturellement: il présente bien, il semble l'aimer. Confiante, elle se laisse marier à un homme qu'elle connaît depuis deux mois. Très vite, les illusions vont se dissiper: après une nuit de noce traumatisante, la voilà confrontée à l'avarice de son époux, qui refuse de lui remettre son propre argent, qui la restreint en tout. Et comme par une étrange coïncidence, Rosalie, sa servante et soeur de lait, tombe enceinte d'on ne sait qui.

Le cynisme et la cruauté de Maupassant font mouche encore une fois. La simplicité et la pureté de l'âme de l'héroîne sont littéralement jetés en pâture à la réalité d'une époque où l'on se marie pour son argent et où les hommes sont tous plus corrompus et plus indignes les uns que les autres. S'il y a une chose à retenir de cette histoire, c'est le mépris qui s'affiche à l'égard du mariage. Julien de Lamare, le mari, est un manipulateur qui ne cheche qu'à économiser un maximum d'argent, avoir les bonnes relations et folâtrer avec les femmes. Elles ne sont d'ailleurs pour lui qu'objets d'amusement: il refuser catégoriquement à Jeanne l'enfant qu'elle souhaite, et ne la veut pas mère. Et même le couple uni que forment les parents de Jeanne perd de sa superbe lorsque le père ferme les yeux sur les infidélités de son gendre en souvenir de ses propres incartades, et lorsque Jeanne découvre la réelle teneur des lettres que sa mère gardaient dans son tiroir. Il serait facile d'en déduire que les hommes n'ont clairement pas le beau rôle dans cette histoire. Mais la maîtresse de Julien est autant blâmable que lui. Il semble plutôt que Jeanne, cette héroïne, soit la seule anormale dans ce monde, le seul ovni à suivre des principes, des idéaux, lorsque tout le monde autour d'elle, y compris son fils, se complaît dans le vice et le mensonge face auxquels elle s'épuise à trouver sa place. Même le curé s'accomode parfaitement de cette hypocrisie ambiante. Un roman extrêment touchant, où l'on suit avec émotion une héroïne à laquelle on voudrait voir sourire l'avenir et à qui il n'arrive que des drames finalement bien ordinaires.

La Note de Mélu:

Note_5

 

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19 / 21