127HEURESL'auteur: Aron Ralston (né en 1975) est un ingénieur et alpiniste américain, qui publie son autobiographie après la terrible expérience qu'il a vécue.

Le livre: vingt-sept ans et toutes ses dents, une longue expérience des sports et activités extrêmes derrière lui, Aron prépare une petite randonnée tout ce qu'il y a de plus classique, dans un canyon de l'Utah. Mais alors qu'il évolue au milieu de nulle part, au fond d'une gorge, un rocher se détache et tombe sur lui, emprisonnant sa main droite contre la paroi. Le choc passé, il se rend à l'évidence: il est bloqué avec un demi-litre d'eau, deux burritos, une main en moins et personne ne sachant où il est exactement...

Ce livre a fait l'objet d'une réédition à l'occasion de la sortie du film de Danny Boyle, inspiré de l'expérience d'Aron. Et quelle expérience! On est tenu en haleine en permanence, car même si l'on sait qu'il va s'en sortir, on se demande par quoi cet homme a dû passer avant d'arriver à la décision de s'amputer lui-même le bras. Cette option est d'ailleurs envisagée dès le départ, mais jamais il ne trouve la force ni le moyen de le faire. La scène est d'ailleurs moins impressionnante que je l'aurai crue, peut-être parce que, comme il l'explique lui-même, cette main coincée sous le rocher n'est déjà plus un morceau de lui-même et qu'il doit s'en débarasser sous peine que l'infection qui la ronge ne gagne le reste du corps. Sans omettre aucun détail (hallucination, testament vidéo, obligation de boire sa propre urine, de s'enrouler dans sa corde d'alpiniste pour résister au froid), Aron raconte les longues heures passées au fond du canyon. Mais ce livre n'est pas juste un témoignage sur cette unique expérience: les chapitres la relatant alternent avec des souvenirs de l'auteur sur son enfance, sa découverte des sensations fortes, toutes les fois où il a risqué sa vie et tenté le diable, en survivant à une avalanche qu'il a lui-même déclenché par exemple. Un véritable trompe-la-mort, donc, qui la frôle de la manière la plus bête qui soit. Une invitation à vivre sa vie à fond, à méditer.

La note de Mélu: 

Note_5

Je remercie chaleureusement Karine du Club de Lecture et les éditions Michel Lafon pour l'envoi de ce livre.

Titre original: Between a Rock and a Hard Place (traduit de l'anglais)

 

127_heures_filmLe film: en 2010, le réalisateur anglais Danny Boyle porte sur grand écran l'histoire d'Aron Ralston. Il confie le rôle d'Aron à James Franco, que je ne connaissais pas: la claque!!! Il est tout simplement extraordinaire, surtout qu'il est seul pendant l'essentiel du film, avec une caméra braqué sur lui. Plus encore, j'ai adoré la manière le film est tourné. On commence avec de superbes paysages des canyons américains histoire de vous en mettre plein les yeux, pour enchaîner sur le personnage d'Aron qui ne répond pas au téléphone, ne prévient personne de ce qu'il fait et s'empresse de faire partager aux deux demoiselles qu'il croise son goût pour les sensations fortes avec de mémorables scènes de chute dans des lacs souterrains. Et très vite, ces mêmes paysages sur lesquels on s'extasie deviennent la prison que l'on sait. Commence alors un huis-clos rendu terriblement oppressant par la musique volontiers rock et stressante, la mise en scène de la lumière, la caméra à l'intérieur même de la gourde d'eau ou la schizpohrénie d'un personnage qui s'interview lui-même sur son petit caméscope. Juste génial! La mise en scène de sa folie et de ses souvenirs est d'ailleurs particulièrement bien faite, avec les flash back décousu dans lesquels j'ai eu le bonheur de retrouver Clémence Poésy, ou les hallucinations. Le challenge du passage-clé du film est relevé haut la main, sans images gore inutile mais avec un jeu sur les sonorités et les lumières qui déchirent les rétines et les tympans et vous font ressentir physiquement la douleur... Bluffant!

Challenge_La_litt_rature_fait_son_cin_ma_3e_cat_gorie

3/11