Le tour d'écrou
L'auteur: Henry James (1843-1916) est un auteur américain naturalisé britannique à la fin de sa vie.
Le livre: Un narrateur assiste à la lecture du journal d'une jeune institutrice, Anne. Engagée pour l'éducation de deux orphelins par leur oncle éternellement absent, elle se prend très vite d'affection pour Miles et Flora, deux enfants particulièrement gracieux et gentils. Trop beaux et trop gentils? Le comportement des enfants est néanmoins sujet de nombreuses interrogations, surtout lorsque Anne apprend avec stupeur que Miles a été définitivement renvoyé de son collège. Son malaise augmente lorsqu'elle se rend compte de la présence dans la propriété d'un homme qui regarde fixement les enfants. Or cet homme est vite identifié comme Peter Quint, un ancien valet pourtant mort peu de temps auparavant. Puis c'est une femme qui apparaît à Anne: Miss Jessel, la précédente gouvernante, morte elle aussi. Et même si les enfants n'en laisse rien paraître, Anne est persuadée qu'ils ressentent ces présences aussi distinctement qu'elle.
Pour être très honnête, je n'ai pas tout suivi. D'entrée de jeu, on nous présente des personnages dont un narrateur, au beau milieu d'une conversation à laquelle on ne comprend pas grand chose si ce n'est qu'on en vient à parler d'une gouvernante dont on attend le témoignage par courrier. Lorsque commence l'histoire d'Anne, les choses sont plus claire: empreinte d'une bonne conscience et d'un dévouement sans borne pour ces enfants si parfaits, Anne est un modèle de vertu, le type même de l'héroîne gracieuse et courageuse. L'apparition des deux fantômes (puisqu'on veut nous faire dire que ce sont des fantômes) est également un chef-d'oeuvre du genre: muets, sombres, immobiles, entourés d'une aura plus glaçante et pétrifiante que réellement terrifiante, ils créent une ambiance gothique étrange et inquiétante à souhait. Non, ce qui m'a réellement perdue, ce sont les enfants. Je n'ai rien, mais alors rien compris à ces personnages. On nous dit qu'ils sont adorables, parfaits, sages, mais ils sont surtout sans aucune épaisseur puisqu'ils ne font rien ni ne prononcent le moindre mot pendant au moins la moitié du roman. Difficile alors de ressentir l'inquiétude qui s'empare de la gouvernante lorsqu'ils se mettent à agir de manière étrange et qu'on les suppose sous l'influence d'une ambiance maléfique: il n'y a aucune empathie avec eux. Cela aura, je pense, de quoi en déranger plus d'un: on a probablement voulu confronter l'innocence enfantine à un comportement inquiétant. Personnellement, je n'ai pas accroché, et j'avais plutôt envie de secouer cette gouvernante pour qu'elle leur mettre une bonne fessée et qu'ils arrêtent leur bêtises. J'ai aussi été très déçue par la fin, qui n'a pour moi pas plus de sens que le reste.
Je ressors très perplexe de cette lecture. Peut-être que j'essaie trop d'intellectualiser un livre qui fonctionne essentiellemement sur le ressenti et l'ambiance. Mais je n'ai pas vraiment accroché.
La Note de Mélu:

Cette lecture fut menée en commun avec Céline. Allez voir aussi les avis de Maggie et d'Esmeraldae.











