shutter_island_livreL'auteur: Dennis Lehane (né en 1965) est un écrivain américain dont plusieurs romans ont été adapté au cinéma.

Le livre: En 1954, les marshal Teddy Daniel et Chuck Aule sont envoyés sur Shutter Island, une île sur laquelle est bâtie un hôpital psychiatrique pour criminels dangereux. Le FBI les a mandaté à cause de l'évasion d'une patiente: Rachel Solando a en effet réussi à sortir d'une cellule surveillée en permanence et reste introuvable sur une île où pourtant elle n'a pas pu aller bien loin. Un curieux message trouvé dans la cellule leur indique que Rachel Solando a laissé des indices. Teddy s'applique donc à le décoder mais très vite, il lui apparaît que les médecins et les patients lui cachent des choses. Mais lui-même a une raison supplémentaire de percer les secrets de cet hôpital psychiatrique: il soupçonne qu'y soit enfermé Andrew Leaddis, le meurtrier de sa femme.

Ce roman n'est vraiment pas tombé sur la bonne personne. D'abord parce qu'il se présente d'entrée comme un thriller assez classique: comment cette patiente dangereuse a-t-elle pu s'échapper de sa cellule et où peut-elle se cacher? Tous les éléments du huis-clos sont là, les protagonistes suspectent très vite une complicité interne, des expériences illégales pratiquées sur les patients. Parallèlement, c'est le passé de Teddy qui est développé, notamment au moyen de rêves et de réminiscences assez confuses. Il faut donc s'accrocher, car ces rêves et délires ont de quoi déstabilise. Tout est fait pour créer une ambiance malsaine et peu fiable, ou le passé, le présent, les délires des patients et la logique d'un enquête ne cessent de se confondre. En un mot, si comme moi vous ne vous plongez pas complètement dedans, le rythme risque de vous paraître lent, long, et vous risquez fort de ne pas bien suivre (vu que c'est le but!) et donc d'être lassé de ne pas tout comprendre. Mais si vous accrochez, alors là, préparez-vous à un feu d'artifice, car le dernier quart du roman vous prépare un retournement assez spectaculaire. Je ne vous le dis pas, parce que justement moi, on me l'avait dit à demi-mot et du coup, il n'a pas eu l'impact qu'il aurait dû avoir, même si j'avoue avoir avalé les dernières pages avec avidité. Pour moi, donc, trop de longueurs et de méandres, mais une fin qui vaut le détour.

La Note de Mélu:

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shutter_island_BDLa bande-dessinée: En 2008, l'auteur signe-lui même le scénario d'une adaptation en BD de son roman. C'est Christian De Metter (né en 1968) qui se charge des dessins. Quelques épisodes sont coupés au montage, mais dans l'ensemble, on suit scrupuleusement l'intrigue du roman... les longueurs en moins. Car comme dans un film, une BD doit se lire vite, de manière presque photographique. Pari réussi: les séquences s'enchaînent et l'on entre de plain pied dans cette ambiance glauque, au sens premier puisque la couverture verdâtre annonce un ensemble assez sombre et monochrome. Presque entièrement en sépia, dans un éclairage assez cru et assez simple qui rapprochent du noir et blanc des dessins d'un grand réalisme, cette bande-dessinée a été pour moi une rédécouverte du roman qui lui ôtait ses défauts et mettait en valeur ses qualités qui n'avaient pas réussi à m'atteindre avec le support premier: une immersion totale dans une ambiance pesante, lourde de signification mais dont on ne nous dit rien. Une véritable réussite, donc, que cet album, qui a su me faire apprécier une intrigue étonnamment bien menée et bien ficelée. Et si celui qui a eu la bonne idée de me prêter cette bande-dessinée passe par ici, j'en profite pour lui adresser un grand MERCI!!!

Une petite planche pour mieux vous rendre compte?

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Ce roman fut une lecture commune avc de nombreux membres de Livraddict: les avis de LefsO, de Léo Elfique, de Petit-lips, de Simi, de Livrons-nous, de Nodreytiti, de Reveline, de Kactuss, de Vivrenlivre, de Ptitetrolle, d'Aidoku. Beaucoup de coups de coeur,  même si certains ont relevé les mêmes longueurs et lourdeurs que moi.

shutter_island_filmLe film: en 2010, le célèbre Martin Sorcese adapte le roman de Dennis Lehane. Il confie le rôle de Teddy Daniels à un de ses acteurs fétiches, Leonardo DiCaprio. Mouais. Autant je pense que DiCaprio est un bon comédien, autant pour incarner un flic des années cinquante ravagé par la vie, je ne le trouve pas très convaincant, trop lisse. C'est à Mark Ruffalo qu'on confie le rôle de Chuck, l'associé de Daniels, et à Ben Kinglsey celui du docteur Cawley: lui est par contre particulièrement réussi, à la fois inquiétant et d'une tranquillité rassurante. L'intrigue est tout à fait respectée, tout comme la lenteur de la narration: j'ai trouvé terriblement difficile d'accrocher à cette histoire, et peut-être n'y aurais-je même pas accroché du tout si je n'avais pas su dès le début le fin mot de l'histoire, car chercher les indices m'a au moins permis de me concentrer sur le film. Visuellement cependant, le film vaut le coup. Très sombre et quasiment monochrome lorsque nous sommes dans l'hôpital psychiatrique, il parvient cependant à jouer avec les images hallucinatoires avec une puissance surprenante. Comme dans le livre, il est parfois difficile de situer si Teddy rêve, est éveillé, imagine, la folie de l'endroit étant doucement coutagieuse. Malheureusement, tout ce qui concerne le décodage, l'enquête, le cheminement de Teddy est atténué: les messages cryptés laissés par Rachel Soland qui sont l'objet d'une véritable énigme avec comptage de lettre et masturbation cérébrale dans le roman, sont ici à peine évoqués et les hallucinations de Teddy, codées elles aussi, sont largement simplifiées dans le film. En un mot, un film bien tourné mais qui ne rattrappe pas la lenteur de l'intrigue et qui en gomme l'ingéniosité. Je n'adhère pas plus que ça.

 

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