vip_re_au_poingL'auteur: Hervé Bazin (1911-1996) est un écrivain français.

Le livre: Jean et Ferdinand Rézeau, deux frères d'une dizaine d'année, sont élevés par leur grand-mère depuis presque toujours. A son décès, leurs parents doivent revenir en France pour les reprendre en charge. Ils rencontrent à cette occasion leur petit frère qu'ils ne connaissent pas. Mais dès son arrivée sur le quai de la gare, leur mère se montre froide et dure. Les nouvelles règles sont plus que spartiate: les enfants ne feront qu'étudier, manger et dormir. Leurs repas sont réduits au minimum, leurs édredons sont supprimés, tous leurs biens personnels leur sont confisqués. Et gare à eux s'ils ne se tiennent pas correctement à table: la fourchette de leur mère se plante aussitôt dans leur main.

Un des plus célèbres romans sur l'enfance malheureuse. Celle que les enfants appellent rarement "maman" et qui a gagné le surnom de Folcoche (abréviation de "folle" et de "cochonne") est à la fois terrifiante ou fascinante. Elle incarne le contraire de l'instinct maternel au nom d'étonnants principes d'éducation, d'une rigueur morale et d'une économie de moyens permanentes. Mais ce qui surprend aussi, c'est l'incroyable effacement du père, qui ne cautionne jamais les décisions de son épouse mais qui fuit en permanence toute prise de décision, toute intervention, tout rôle dans la maisonnée. Les techniques des trois enfants, le bras-de-fer permanent entre Jean dit Brasse-Bouillon et Folcoche qui prend la forme d'une véritable guerre froide, l'on suit tout cela avec l'espoir que quelqu'un, enfin, réagisse, même si tout ceux qui le font sont automatiquement chassés, comme les différents précepteurs. Brasse-bouillon le narrateur est d'ailleurs d'un cynisme à toute preuve qui constitue son arme principale, sa forme de résistance. Le plus gros point fort de ce roman, c'est son ton, vif, incisif, qui transmet l'impression que Brasse-bouillon se révolte et ne subit jamais.

La Note de Mélu:

Note_4

Une lecture très forte.