Cette semaine, une sculpture est à l'honneur. J'ai choisi un illustre inconnu: Pablo Picasso (1881-1973) est peut-être l'artiste le plus connu du XXème siècle. Aujourd'hui ce n'est pas du peintre cubiste dont je voudrais vous parler mais du sculpteur qui flirte avec dada et autres surréalistes, avec La Petite Fille sautant à la corde:

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Pas grand-chose à déchiffrer dans ce sujet: le titre est explicite et l'on voit bien sauter cette petite fille. L'originalité tient dans le matériau: cette sculpture est exclusivement constitué de matériaux de récupération. Son corps est une corbeille en osier,  ses pieds une paire de vieux escarpins, la fleur à ses pieds est un moule à gâteau, le reste tient dans quelques moulages en plâtre sur lesquels on reconnaît les marques de carton ondulé (regardez les cheveux). Cette petite fille, si l'on s'en tient à sa composition, est plus une décharge ambulante qu'une œuvre d'art. Alors pourquoi, me demanderez-vous? Et bien d'abord pour la douce provocation qu'elle représente: une telle sculpture affirme haut et fort qu'il n'y a pas de matériau plus noble qu'un autre et que tout peut trouver une seconde vie, y compris dans la sublimation par l'art. Ensuite parce que malgré son aspect hétéroclite, je la trouve attendrissante: son corps raccourci et large, la fleur à terre, ses pieds immenses, son nœud dans les cheveux et ses bras trop courts ont un côté à la fois burlesque et émouvant. Bref, elle m'a touchée, cette petite fille née de rien.
Pas grand-chose à dire cette fois-ci si ce n'est que l'art est partout et surtout là où on ne l'attend pas. Et toc!

Convaincus?