les_oiseaux_se_cachent_pour_mourirL'auteur: Colleen McCullough (née en 1937) est une écrivaine australienne. Hé oui, ça change un peu. Neurologue de formation, elle est néanmoins reconnue par la Maquarie University pour le sérieux de son travail.

Le livre: Au début du XXème siècle, une famille plus que modeste, les Cleary, vit laborieusement dans la campagne néo-zélandaise. Parmi les nombreux enfants, une seule fille, la petite Meggie. Leur mère, Fiona, malgré sa maternité multiple (ils sont déjà cinq enfants) ne semble pas développer de fibre maternelle, excepté avec son aîné, Franck, impulsif et sanguin. De son côté, Mary Carson, la soeur de Padraic Cleary, taquine le séduisant père Ralph de Bricassart sur ses vœux de chasteté. Riche propriétaire d'un domaine d'élevage de moutons, elle fait venir toute la famille Cleary à Drogheda, en Australie, afin d'en faire ses héritiers. Au fil des années, Meggie grandit en beauté, et son attachement au jeune prêtre se transforme en attirance réciproque.
Ce roman fleuve s'écoule sur plus de cinquante ans. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire au début. Mais très vite, on se prend à cette histoire de prêtre trop séduisant pour être crédible et que l'on voit céder à l'ambition et à la passion avec délice. Le personnage serait trop creux s'il s'agissait juste d'un prêtre aux prises avec sa chasteté; mais Ralph a aussi soif de pouvoir et d'absolu, et il en est bien plus nuancé. Attachants, profonds, complexes, tous les personnages dessinent une histoire familiale que l'on suit en retenant son souffle. Si l'histoire passionnée entre Meggie et Ralph est le fil rouge de cette saga, elle ne se réduit pas à cela: c'est aussi l'histoire de Meggie et de sa mère, d'une famille étonnamment isolée et maudite, qui n'arrive pas à être nombreuse et heureuse, d'un pays auquel l'auteur comme ses personnages sont profondément attaché. La langue est pure et riche, fluide et musicale, et elle sait alterner entre narrations factuelles et pics d'émotions saisissante avec brio.
Un très beau livre, certes long, mais marquant. Merci à MeL pour avoir fait sortir ce livre de ma PAL le temps d'une lecture commune!