germinalL'auteur: Emile Zola a déjà fait son apparition sur ce blog: retrouvez ici les deux autres articles le concernant.

Le livre: En pleine crise industrielle, Etienne Lantier arrive à la mine de Montsou, dans la région du Nord. Il cherche du travail: il vient d'être renvoyé de son travail à Lille pour avoir giflé son employeur après avoir trop bu. Il rencontre la famille Maheu, qui l'aide à être embauché comme mineur. Parmi les Maheu, le père descend tous les jours à la mine avec ses deux aînés, Zacharie et Catherine, tandis que sa femme la Maheude reste à la maison pour s'occuper des cinq autres enfants dont la dernière n'a que trois mois. Les conditions de travail épouvantables dans la mine révoltent Etienne, alors que les mineurs ne gagnent même pas assez pour donner du pain tous les jours à leur enfants. Ils font pourtant de leur mieux, renonçant même à prendre le temps de sécuriser les galeries par des boiseries pour extraire plus de charbon. Lorsque le directeur s'en rend compte et, prétextant la crise économique, décide de baisser les salaires, de payer le boisement à part et de multiplier les amendes, la colère gronde. Etienne, instruit et plus virulent que les autres, leur suggère une grève dure et illimitée.
J'ai toujours repoussé le moment d'ouvrir ce livre: un pavé qui raconte une histoire politique, très peu pour moi. Et grâce à une lecture commune proposée par Lili Galipette, le voici qui sort enfin de ma PAL. Et quelle sortie! Je ne m'attendais pas à être aussi prise dans ce roman. La prose de Zola est poignante, à la fois poétique et ordurière pour décrire ce véritable monstre qu'est la mine, qui avale chaque jour sa dose de chair humaine pour la recracher à la fin de la journée. L'action est quasi-permanente, passées les premières pages où Zola explique avec une précision et une vigueur remarquable le mode de vie et de travail à la mine. L'émotion n'est pas en reste: on s'attache au moindre membre de la famille Maheu, tout particulièrement cette femme courageuse et infatigable pour nourrir ses enfants, la jeune Catherine qui n'est même pas bonne à faire des enfants et pourtant si douce et gentille, la petite Alzire infirme qui s'applique à seconder sa mère de son mieux. Cette famille, qui vit à deux dans chaque lit tant la maison est petite pour eux, sans presque se plaindre si ce n'est de pouvoir nourrir les enfants, m'a bouleversé. Zola est un maître du pathétique qui sait parfaitement nous montrer un romantisme bien abîmé par son réalisme cruel, qu'il s'agisse de la lutte de l'homme contre les forces effroyables de la machine sans parvenir en en être un héros, ou du couple qui devrait s'aimer mais qui ne le peut pas parce que les coutumes du coron en ont décidé autrement. Zola s'inspire d'une imagerie toute révolutionnaire, notamment lorsqu'il montre les mineurs monter jusqu'à la belle maison des bourgeois pour réclamer du pain, bourgeois qui dégustent une belle brioche dorée au petit déjeuner. Dans la plus pure tradition des Rougon-Macquart et de leur branche tarée, Etienne subit sa folie héréditaire  (à l'instar de sa demi-soeur Nana) et ne se maîtrise plus, poussant aux pires atrocités dès qu'il est sous l'effet de la colère ou de la boisson.
Merci, Lili Galipette, de m'avoir proposé cette lecture commune que j'ai adorée. J'en profite pour remplir doucement mon Défi des 100 incontournables des Livraddictiens et je le confirme: Germinal y a toute sa place! A lire d'urgence.
Allie a "vraiment accroché" à ce livre qu'elle juge "étonnamment accessible"  (depuis le temps que je vous le dis!) et pour Maggie, c'est un classique "à lire ou à relire"!

La note de Mélu: un coup de coeur!

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