Cette semaine, je vous propose de découvrir Edvard Munch (1863-1944), un peintre norvégien représentatif du mouvement  expressionniste. Le tableau que j'ai choisi a été si souvent copié, parodié, détourné et repris qu'on en oublie de le considérer comme une œuvre d'art et qu'il est quasiment tombé dans l'iconographie populaire. Voici donc Le Cri (cliquez sur l'image pour agrandir).

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Vous trouverez partout sur internet la phrase par laquelle le peintre a commenté ce tableau. Ca ne m'intéresse pas. Je préfère le tableau seul. Tout pourrait être une scène banale, de promenade, sur un pont où d'autres promeneurs se sont d'ailleurs arrêtés. Et pourtant, le tableau bascule dans l'étrange. Le ciel s'embrase, rouge feu. L''eau ne semble pas s'écouler, elle part dans tous les sens, comme si un tourbillon se préparait. Le ciel de feu se reflète (dans l'eau? sur la terre, difficile à dire). Figuratif, ce tableau ne cherche pourtant pas à représenter mais à exprimer cette pression, cette souffrance diffuse qui se répand dans dans le paysage que dans le personnage. L'endroit d'où il vient (le pont, qui se prolonge sur la gauche) était encore paisible. Vers la droite, le tableau est fermé par une bande verticale orange: c'est une impasse. Quant au personnage au centre de la composition, il est à la fois terriblement expressif et étonnamment silencieux: crie-t-il vraiment? les deux personnages indifférents derrière lui semblent indiquer le contraire, tout comme ses mains plaquées sur ses oreilles indiquent qu'il semble davantage vouloir se garantir d'un cri qu'il aurait entendu. Et pourtant sa bouche béante, ses yeux écarquillés, la tension pour ne pas dire la torsion de son corps semble indiquer un besoin d'extérioriser, d'exploser. Symbole du cri de désespoir qui restera ignoré et sans réponse, ce tableau ne cesse de me fasciner, d'autant plus que ses couleurs chaudes et ses formes rondes lui confèrent une étrange beauté.

Et vous? Qu'en pensez-vous?