revelation_stephenie_meyer_L_1L'auteur: Stephenie Meyer, ça vous dit quelque chose? Si vous avez vécu en ermite dans une grotte les trois dernières années, allez vous rafraîchir la mémoire : il y a eu un tome 1, un tome 2 et un tome 3.


Le livre: Enfin! Après moult aventures palpitantes, Edward le vampire et sa chérie humaine Bella vont enfin se dire oui. Rappelons-le, ils ont passé un accord dans le tome précédent: Edward veut bien la transformer en vampire à condition qu'elle l'épouse d'abord, elle veut bien l'épouser à condition qu'ils fassent l'amour avant qu'il la transforme en vampire (ça va, vous suivez?). Après le mariage, les deux amoureux partent donc en lune de miel sur une île déserte où ils donnent libre cours à leur libido, tant bien que mal cependant puisque Edward est toujours terrorisé à l'idée que sa force colossale de vampire blesse sa chère et tendre. C'est alors que se produit l'impensable: Bella tombe enceinte. D'un vampire. La chose étant inédite, Edward panique. D'autant plus que le bébé se développe à une vitesse surprenante et, avec une force visiblement héritée du côté paternelle, inflige à sa mère de terribles souffrances.
Vous attendiez LA scène hot depuis la fin du tome 3, n'est-ce-pas? Hé bien non, va te rincer l'œil ailleurs, lecteur lubrique, tu ne verras rien, c'est un roman pour jeune fille prépubère en fleur, voyons! En gros, encore une fois, on ne voit rien, même pas une petite caresse. Ce quatrième et dernier tome a décidé de cumuler tout ce qui m'avait déjà exaspéré dans les précédents: une narration frileuse, des changements de narrateur intempestifs et injustifiés, une intrigue quasiment inexistante basée sur l'attente. Mais pour couronner le tout, on a décidé d'envoyer balader allègrement la vraisemblance la plus basique. Ainsi les vampires sont forcément riches, très riches (alors qu'il n'y en a qu'un qui travaille sur toute la famille Cullen, rappelons-le), s'offrent volontiers de magnifiques voitures toutes plus luxueuses les unes que les autres (je me demande s'il n'y a pas quelque fantasme caché de l'auteur là-dessous), parviennent à convaincre son père qu'une jeune femme est à l'hôpital alors que le père est shérif mais ne peut pas décrocher un téléphone pour contacter sa fille, peuvent avoir des enfants alors qu'ils n'ont plus de sang dans les veines (ce qui est bien expliqué lorsqu'ils détectent un humain parmi eux aux battements de son coeur) et portent forcément, FORCEMENT des noms toujours plus absurdes et imprononçables, l'apogée étant atteinte avec le prénom de la petite fille elle-même, preuve vivante qu'il y a décidément des parents qui veulent du mal à leurs enfants. Plus dérangeant pour moi est ce honteux plagiat qui court sur toute la dernière partie du roman: en effet, l'enfant-vampire soulève la colère d'une société de vampires italienne, les Volturi, qui se targue de présider aux règles d'existence des vampires et de les faire respecter, si besoin en condamnant à mort les impertinents. Oui, sauf que Anne Rice avait déjà inventé ce scénario de bout en bout (mais en mieux, forcément), et leur demi-vampirette n'est qu'un pâle avatar de Claudia, qui avait bien plus d'envergure (et un prénom potable, elle!).
J'ai mis trois jours à lire les cent dernières pages tant je me suis ennuyée. C'est dingue tout de même!