Bilbo_le_hobbitL'auteur: J. R. R. Tolkien (1892-1973), vous le connaissez forcément. Cet écrivain britannique est l'auteur du célèbre Seigneur des Anneaux. Mais il fut aussi professeur à la prestigieuse université d'Oxford.

Le livre: Bilbo Baggins est un hobbit, et comme tous les hobbits, il aime rendre le thé dans son confortable "trou", une demeure fort agréable. Un jour pourtant, il croise le chemin du magicien Gandalf qui lui envoie une troupe de treize nains dans un but bien précis: les accompagner dans leur périple pour récupérer le trésor des nains dérobé par Smaug. Petits problèmes: Smaug est un redoutable dragon, le chemin est semé d'embûches, et Bilbo est loin du courageux aventurier que Gandalf prétend.
Avant de vous donner mon avis, sachez que Tolkien et moi avons un vieux différend: j'ai essayé de lire le Seigneur des Anneaux, j'ai craqué au milieu du deuxième tome tant je me suis ennuyée. J'ai essayé avec les films, je me suis endormie au milieu du deuxième volet (il y a cohérence dans ma réaction, comme vous le voyez). Il est rare qu'un livre me tombe des mains de la sorte. Mais tout le monde m'avait dit que Bilbo était différent, plus léger, alors quand il atterrit sur ma PAL revenu de la vieille chambre de garçon de mon mari, et quand love-of-book organise une lecture commune sur Livraddict, je me dis qu'il est temps de faire face à mes vieux démons...
Grand bien m'en a pris! Ce livre est léger, drôle et très attachant. On y retrouve l'univers coloré et fantaisiste de Tolkien: j'ai tout particulièrement aimé la scène où Bilbo rencontre Gollum, un personnage non identifiable et inquiétant qui accepte de lui rendre sa liberté s'il gagne un concours d'énigme (qu'il remporte grâce à un certain anneau...). Le style peut avoir quelque lourdeurs, mais dans l'ensemble, le livre se lit très bien. Et surtout, le personnage de Bilbo, pantouflard et pas téméraire, m'a beaucoup fait rire et m'a beaucoup touché: Bilbo n'a rien demandé à personne et devient héros par hasard. Dernier point fort de ce livre: le narrateur, qui intervient allègrement et dirige son lecteur, à la manière des conteurs de notre enfance. Bref, c'est un roman qui happe, et pour moi qui n'aime pas la fantasy, j'ai été happée, n'est-ce pas un gage de qualité?
Merci à love-of-book d'avoir organisé cette lecture commune.

Allez voir les avis des participants: Nymi a été "enchantée" par cette lecture,Setsuka a apprécié également malgré quelques longueurs, Azariel a suivi cette histoire "avec beaucoup d'entrain", et love-of-book a "adoré"!

Bilbo_le_hobbit_affiche_2Le film: en 2012, Peter Jackson, le réalisateur de la très médiatique trilogie "Le Seigneur des Anneaux", rempile et décide de tourner la préquelle de la série. De bonnes intentions: l'acteur Martin Freeman qui inarne un Bilbo à la fois drôle, pantouflard et plein d'entrain m'a beaucoup plu, et les grandes scènes qui lui sont consacrées (notamment celle où il rencontre Gollum et lui prend l'anneau) sont tout particulièrement réussies. C'est avec un humour digne des contes les plus enjoués que l'on se régale devant un Bilbo expliquant à des gobelins qui font dix fois sa taille comment bien cuisiner le nain est tordant. Néanmoins, là est peut-être l'endroit où le film pêche. Le livre était un véritable livre pour enfant, qui n'avait d'autre prétention que de raconter une histoire drôle et croustillante. Jackson a voulu en faire une oeuvre à l'égal du Seigneur des Anneaux dans le graphisme et la profondeur de l'univers, ce qu'il n'est pas. Du coup... On prend les mêmes et on recommence: les quinze premières minutes reprennent exactement la même scène (je me demande si ils ont pris la peine de la re-tourner), le cheminement de la compagnie réfugiée à Fondcombe chez Elrond où l'on croisera Galadriel et Saroumane ont un décevant effet de déjà-vu qui plombe toute l'ampleur de ces personnages, les grandes scènes de paysages néo-zélandais comme celles de batailles féroces sont d'une lenteur qui n'a plus rien d'impressionnant. Et comme on se rend vite compte qu'on ne remplira pas trois fois trois heures avec le contenu du livre, on brode... Et on rajoute une histoire de conquête et de territoire naine si simplement clichée que d'en faire quelque chose d'épique en est risible, et un méchant orc certes très moche, combo du capitaine crochet de de Dark Vador, dont on se demande ce qu'il vient faire là. Du remplissage, et qui se voit. Bien dommage.