double-assassinat-delcourt.1258926716 L’auteur: Edgar Poe a déjà été présenté, puisqu’il est l’auteur des Histoires Extraordinaires dont est extraite cette nouvelle.

Le scénariste: Jean-David Morvan (né en 1969) a déjà une belle carrière de scénario de BD derrière lui.

L’illustrateur: Fabrice Druet (né en 1972) est un autodidacte qui a travaillé sur plusieurs adaptations de classiques en BD, notamment Les Trois Mousquetaires.

Le livre: Une mère et sa fille ont été sauvagement assassinée: l’une a été étranglée et enfoncée dans la cheminée, l’autre égorgée est retrouvée dehors sur le trottoir. Faits étrange: leur chambre est entièrement verrouillée de l’intérieur. Pas de mobile apparent: l’argent est resté dans la pièce. La police n’a aucune piste et arrête vite un proche des victimes pour fournir un coupable. C’est là qu’intervient Auguste Dupin: notre narrateur l’a rencontré dans une librairie, et les deux hommes ont tôt fait de s’intéresser à cette sanglante affaire qui fait la une des journaux. Auguste Dupin a une observation ultra précise et un esprit de déduction particulièrement affuté. Mais n’a-t-il pas déjà trouvé la solution de cette énigme?

Une histoire qui m’avait fasciné quand je l’avais lue: la capacité de Dupin de recréer les schémas mentaux et les raisonnements est proche de la télépathie, et pourtant d’une rationalité à toute épreuve. C’est une petite perle du roman policier. Cette adaptation remplit toutes ses promesses: précis et soignés, les dessins sont bien d’une mode fin-de-siècle que Poe ne renierait pas. La mise en scène du crime est parfaite: l’histoire de Poe a un potentiel sensationnel qu’’il ne fallait pas manquer. C’est gagné: dès les premières pages, les cadavres sont là, posés, muets. Muette aussi, l’observation de Dupin. Elle ne retranscrit que mieux l’attente impatiente dans laquelle nous sommes (avec le narrateur) d’entendre la solution de l’énigme sortie de ce cerveau extraordinaire. Seule chose que j’ai regrettée: la bd se focalise sur l’histoire de Dupin et son enquête, là où le texte de Poe prend soin de donner dans le détail les témoignages des différents protagonistes ainsi que les rapports de police, ce qui incite davantage le lecteur à reconstituer les morceaux et à s’y embrouiller en essayant de les recouper. Dans la BD, cette partie est résumée, et l’on se laisse plus porter par le déroulement de l’histoire. Mais pour le reste, c’est de grande qualité.

Merci infiniment à Anneso de m’avoir prêté cette BD. Allez vite lire son avis, aussi enthousiaste que le mien.