contes du miroir livre1

Lettre “R”

L’auteur: Yak Rivais (né en 1939) est un auteur de littérature de jeunesse. Il affectionne particulièrement les contes merveilleux et les jeux de mots. On lui doit le célèbre recueil Les Sorcières sont N. R. V. qui a déjà plus de vingt ans!

Le livre: attention, il n’y a que des histoires connues dans ce livre. Des contes, des fables, des histoires folkloriques. Simplement, des sorcières sont passées par là (N.R.V, bien sûr), et elles ont jeté un sort à ces contes: tous sont distordus, transformés, pour rentrer dans un jeu d’écriture et de langage. Accrochez-vous: le joueur de flute de Hamelin parle en argot (“Quoi? Dix briques pour avoir soufflé dix minutes dans une affreuse bouzine? Vous vous foutez de moi! Tenez! Voilà cent balles et taillez-vous de là!”), la Cigale et la Foumi en verlan (“Que faisiez-vous donc l’été nierder, pendant que j’étais au vailtra? demande-t-elle d’un air chantmé”), Barbe-bleue parle en franglais (“Darling, je dois aller à un meeting international prendre la parole sur des problèmes de marketting, je te laisse les clés du loft…”), Le petit soldat de plomb est un calligramme et Boucle d’Or et les trois ours sont des mots croisés. Mais tous ne sont pas aussi évidents: ainsi on joue également à faire commencer chaque phrase par le mot ou la lettre qui termine la phrase précédente, ou à faire en sorte que chaque mot compte une syllabe de plus que le précédent. On peut aussi trouver des contes sous forme d’acrostiche et bien sûr, en vers!

Adressé principalement aux jeunes lecteurs, ce livre regorge d’astuces pour réfléchir sur la langue ou travailler son expression en s’amusant. La petite poule rousse a subi une modification dramatique pour un conte: tous les passés simples sont faux! Quand au Petit Poucet, ce sont d’innombrables homophones qui sont venus remplacer les mots d’origine. J’ai retenu deux pépites : l’olorime:

Saluez ce méchant élevé de travers!

Salut et semez! Chantez! Levez deux-trois vers!

Et l’histoire de Renart et les anguilles écrite à grand renfort de lapalissades:

“Lentement (sans hâte), Renart ouvrit un oeil (soit le gauche, soit le droit, pas les deux), puis l’autre (soit le droit, soit le gauche, puisqu’il ne restait que celui-là). Autour de lui, comme comme il se trouvait au milieu, il y avait des paniers d’anguilles, qu’il ne faut pas confondre avec d’autres poissons, car les anguilles ne ressemblent pas plus aux autres poissons que les autres poissons ne leur ressemblent. Bref, ils sont différents, et pas du tout pareils.”