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Lettre "D"

L'auteur: Marguerite Duras a déjà fait une apparition sur ce blog, donc je vous y renvoie. Proche du nouveau roman, elle s'attache à la déconstruction des personnages et à la minimisation de l'intrigue, notamment dans un de ses romans les plus connus, Le ravissement de Lol. V. Stein.

Le livre: Il y a Calcutta, en Inde, sa chaleur étouffante. Il y a une mendiante, originaire du Cambodge, enceinte, affamée, chauve, chassée de chez elle et qui dort maintenant avec les lépreux au bord du Gange. Il y a Peter Morgan, qui écrit l'histoire de cette mendiante en fumant à sa fenêtre. Il y a Anne-Marie Stretter, la femme de l'ambassadeur, inexplicablement attirante, qui attire les regards et les hommes, parmi lesquels Michael Richard ou Charles Rossett, jeune fonctionnaire des Affaires Etrangères. Et il y a le vice-consul de France à Lahore qui observe Anne-Marie Stretter, sur qui on jase depuis qu'il a été rappelé à Calcutta pour une affaire peu glorieuse.


Formulée ainsi, l'histoire semble pleine de suspens. En fait, il n'y a même pas d'histoire. Très difficile de suivre ce livre qui ne mène nulle part sinon d'impression en impression, de fragment de scène en fragment de vie. Difficile d'associer chaque personnage à sa fonction tant ils semblent tous interchangeables. Seule Anne-Marie Stretter est centrale. Le vice-consul est insaisissable: qu'a-t-il fait? qui est-il? est-il fou? a-t-il seulement un nom (en fait oui, mais qui a lu Duras sait qu'un nom est problématique chez elle)? Je ne saurai dire si j'ai aimé ce roman. Je ne saurai non plus dire pourquoi je l'ai fini. Il y a une espèce de fascination devant cette langue qui tourne à vide et qui arrive quand même à stimuler notre intérêt sur le fond de l'histoire. Le talent de Duras peut-être.

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