Jane_EyreL'auteur: Charlotte Brontë (1816-1855) est la plus âgée des célèbres soeurs Brontë, écrivaines britanniques qui publiaient d'abord leurs romans sous des noms d'hommes, et qui ont reçu de leur père une éducation classique et cultivée qui les a certainement poussée dans leurs vocations littéraires respectives.

Le livre: La petite Jane Eyre, orpheline, est confiée à sa tante qui la considère comme une enfant à charge et une inférieure à ses cousins qui la maltraitent. Placée dans un pensionnat, elle y passe toute sa scolarité avant d'y devenir professeur. Elle décide alors de changer de vie et passe une annonce pour une place d'institutrice. Elle est embauchée pour s'occuper de l'éducation d'Adèle, la pupille d'Edward Rochester. Excentrique, solitaire et richissime, le propriétaire des lieux éveille vite l'intérêt de la jeune femme.
Ma première impression: c'est long. Les longs romans ne me font pourtant pas peur. Mais là, j'avoue que j'ai eu du mal. La langue de Charlotte Brontë est certes magnifique, elle manque pour moi de souffle et de rythme. Jane est souvent désignée par les autres personnages comme une passionnée: je l'ai ressentie d'une froideur terrible. Autant je comprend cette couleur grisâtre pour le pensionnat par exemple, autant les excentricités que j'ai devinées chez Mr Rochester m'ont du coup paru bien fades, alors que j'ai vraiment aimé ce personnage, complexe, mystérieux, profond qui, malgré son secret (que je ne vous dit pas pour le suspens) sorti de derrière les fagots, échappe à la ribambelle de clichés qui jalonnent le livre (oui, je sais, qui dit classique dit clichés, mais sur cinq cent pages on finit par n'en plus voir le bout). Le début du livre met en place tous les stéréotypes de l'orpheline délaissée (Princesse Sarah n'est pas loin), la troisième partie se perd en considérations mystico-religieuses qui ne m'ont guère touchées, sans parler de l'héroïne qui s'enfuit sans même emporter un peu d'argent (faut-il être bête) et qui survit seule dans la campagne trois jours avant d'être recueillie par le pasteur à moitié morte de faim... j'avoue que j'ai souri tant ça me semblait gros.
J'ai trouvé globalement ce roman assez lugubre sans avoir le charme romantique qui aurait pu me plaire. J'ai cependant beaucoup apprécié certains passages, notamment ceux sur les conditions de vie à l'orphelinat et surtout, les mises en scènes fantasmagoriques dans la demeure de Mr Rochester, séances de divinations, plancher qui grince, apparitions nocturnes. On ne se refait pas!