britannicusL'auteur: Jean Racine a déjà été présenté sur ce blog, là. J'ajouterai cependant volontiers qu'il a été grandement critiqué à la cour, notamment après sa brouille avec Port-Royal ou avec Molière. Parce qu'on  ne peut pas avoir le talent et toutes les autres qualités non plus.

Le livre: Agrippine, la veuve de l'empereur Claude, a réussi à mettre sur le trône de l'Empire son fils Néron, issu d'un premier mariage, à la place de Britannicus, héritier légitime. Mais elle est inquiète car il tente de plus en plus d'évincer sa mère du pouvoir. Tout se gâte lorsque Néron fait enlever Junie, jeune princesse promise à Britannicus, menace de répudier Octavie, fille de l'Empereur défunt, et rejette l'autorité de sa mère. Le bon empereur révèle alors son vrai visage.
La pièce prend son sujet dans l'histoire romaine, bon point numéro un. L'histoire des jeunes premiers dont l'amour est perturbé n'est pas le centre de la pièce, bon point numéro deux. Oui, Britannicus est le personnage éponyme, mais la grande figure de cette pièce, c'est Néron, le monstre naissant révélé par un homme qui lui est rival du sang, du pouvoir et en amour. La tension entre Néron et Agrippine tient la pièce du début à la fin: c'est un rapport de force permanent. Junie et Britannicus sont sacrifiés à l'Histoire et viennent ponctuer un tragique déjà noir et bien installé. Bien plus grave que ces tragédies d'amours déchirées. Je concluerai par le dernier vers de cette pièce, après que Néron a commis son premier crime. C'est Burrhus qui fait ce souhait: "Plût aux Dieux que ce fût le dernier de ces crimes!" Ah, l'ironie tragique...