contes_de_la_b_casseL'auteur: J'ai déjà présenté Guy de Maupassant dans des billets antérieurs, donc je vous y renvoie. Rappelons toutefois deux éléments majeurs qui ont marqué sa vie et son œuvre: sa Normandie natale et la guerre de 1870 contre les Prussiens.

Le livre: Le baron des Ravots et ses amis chasseurs ont une coutume: lorsque la chasse à la bécasse a été bonne, ils tirent au sort pour désigner le chanceux qui mangera les têtes, morceaux de choix. Et afin d'indemniser les autres convives, celui-ci devra leur raconter une anecdote. Voici donc quelques-unes de ces histoires de fin de repas où se croisent toutes sortes de personnages. Depuis ce cochon de Morin qui embrasse goulûment une inconnue dans le train et ruine sa réputation, jusqu'à l'académicien qui lutine une servante bretonne et se demande toute sa vie s'il n'est pas le père de l'enfant qu'elle a eu, en passant par une rempailleuse bien trop amoureuse et bien trop peu aimée, ces histoires ont un déroulement affreusement banal et constituent chacune leur petite tragédie. Les figures récurrentes des soldats prussiens, tournées en dérision et affreusement cruels, font aussi de ces contes des textes engagés, souvenir d'une France occupée. Mais ce qui ressort, c'est l'insouciance et le cynisme de Maupassant, pour qui les hommes les plus immoraux sont aussi les plus drôles, les benêts restent des benêts, et toute femme est une prostituée en puissance puisque l'amour véritable n'a pas sa place dans ce monde. Et ça, on l'oublie trop souvent à propos de Maupassant: chez lui, le sexe et l'argent mènent le monde. Pour les grands sentiments, vous arrivez un demi-siècle trop tard.