ali_nor2L'auteur: Mireille Calmel (née en 1964) souffre d'une grave maladie et dit que c'est l'écriture qui lui permet de trouver la force de rester en vie. Une belle histoire.

Le livre: En 1137, Loanna de Grimwald est envoyée à la Cour d'Aquitaine pour être la dame de compagnie de la duchesse Aliénor, qui a quinze ans comme elle. Mais Loanna a une autre mission: élevée à la Cour d'Angleterre, descendante de Merlin, elle doit veiller à ce qu'Aliénor épouse le moment venu le jeune Henri Plantagenêt, prétendant au trône d'Angleterre auquel elle apportera l'Aquitaine en dot. Aliénor est fière, piquante, encline à l'amour et aux festivités. Mais l'Aquitaine fait des envieux: le père d'Aliénor est assassiné et la jeune duchesse mariée au roi de France Louis VII. Qu'à cela ne tienne: Loanna veillera à ce que le mariage soit un échec, à commencer par une absence d'héritier.
J'ai tout simplement adoré. Je l'ai ouvert sans grande attente, vu qu'il trainait sur les étagères de mes parents et avait une belle couverture. Dès le début, j'ai aimé cette ambiance qui allie la France catholique encore faible et la Bretagne pétrie de son histoire celte et de ses rites magiques. J'ai aimé cette vision à la fois féérique et tactile de notre Moyen Age: le livre nous rappelle que les rapports entre les hommes et les femmes relevait de la bestialité autant (sinon plus) que de l'amour courtois, qu'Aliénor est celle qui a ramené le sponsoring culturel à la cour de France en réclamant ses troubadours, bref, tout ces petits détails de l'histoire de France qui font que j'aime l'histoire de France. Le livre affiche d'ailleurs sa volonté d'être fidèle à l'histoire puisque l'auteur publie sa biibliographie à la fin. Et bien sûr, la midinette que je suis a été bouleversée par l'histoire d'amour entre Loanna et son Jaufré troubadour, qui l'attend plus de quinze ans sans pouvoir l'épouser, qui revient presque d'entre les morts pour la récupérer (ah la la, il était là en fait le Prince Charmant !!!). Bref, c'est festif et cruel, historique et actuel, chrétien et paien, aérien et sensuel, bourré de talent. Dévoré, je vous dit, dé-vo-ré.