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Lettre « L »


L’auteur : oui, oui, encore Le Clézio, mais bon, je suis tombé dessus dans une librairie, alors… Retrouvez-le là !


Le livre : Le père de Le Clézio, né à l’Ile Maurice, a travaillé toute sa vie comme médecin en Afrique dans les colonies pour le compte du gouvernement britannique. Son fils a vécu un moment aussi dans cette Afrique qu’il raconte avec la simplicité et l’immédiateté de ses sentiments d’enfants, avec quelques anecdotes. Puis c’est le retour en Angleterre, les guerres d’indépendance des colonies, les guerres tout court. Finalement, l’enfant ne découvre son père que lorsque celui-ci revient vivre avec sa famille, à la retraite. Et il découvre son autorité, son exactitude, sa rigueur.

Autant je m’enchante des fictions de Le Clézio, autant je ne m’emballe pas tant que ça pour ce petit livre biographique. Le ton flottant de l’auteur m’a plutôt dérangé ici : je ne savais jamais vraiment où l’on en était, avant ou après la naissance du fils, avec ou sans le père. Je trouve qu’un tel ouvrage doit sa force aux anecdotes illustratives aussi isolées que précises, et, ici, j’en aurais souhaité plus. Mais ce qui fait tenir ce livre, c’est surtout, lorsqu’on arrive à la saisir, la figure du père, jamais nommé, mais dont la vie est faite d’aventure et de communion avec des peuples d’une nature sauvage et vraie. Et la volonté d’expliquer celui qui, de retour en France, est aigrie de cette vie, non pas parce qu’elle l’a usé, mais parce que l’image que l’Afrique a en Europe est pervertie par des clichés, des guerres, des impérialismes. Parce que l’histoire entre Afrique et Europe l’oblige à ne pas voir grandir ses enfants qui, à son retour, apprendront à le craindre plutôt qu’à l’aimer.

Un beau réquisitoire contre le colonialisme et un chant d’amour renouvelé pour les populations dites « sauvages ».