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Lettre « F »


L’auteur : Fénelon (1651-1715) est un homme d’église et théologien français. Son œuvre la plus connue est Les aventures de Télémaque, écrit pour le fils de Louis XIV dont il était le précepteur. Le royal père y vit cependant une satire de son règne, ce qui valut à Fénelon d’être banni.


Le livre : Dans le recueil Si les fées m’étaient contées…, Fénelon succède à Charles Perrault et à Mme d’Aulnoy. Ses contes sont des petites fables en prose, où l’aspect moral est prédominant. Fénelon y reprend à plusieurs reprises la même histoire, mais développée différemment avec d’autres personnages. Ainsi l’on retrouve plusieurs fois l’histoire de l’anneau magique, qui fournit à celui qui le possède le pouvoir tantôt d’être invisible, tantôt de revêtir l’apparence de quelqu’un d’autre. Tout l’enjeu des contes relève alors de montrer les bonnes et mauvaises utilisations d’un tel pouvoir (l’un des contes montre d’ailleurs comment l’anneau conduit le propriétaire à tuer sa femme). Un autre thème repris dans plusieurs contes est celui du choix entre être une belle jeune fille pauvre ou une vieille reine laide. Chaque fois que la fée propose cette alternative, deux femmes échangent leur position, finissent par le regretter et à revenir à leur première forme. La chose est un peu répétitive et la moralité appuyée, rien de surprenant pour un pédagogue moraliste. Le dernier conte cependant, « Voyage dans l’île des plaisirs », sort du lot puisqu’il décrit une île utopique, un véritable âge d’or, mais où les hommes se sont tellement laissé aller à la facilité et à la mollesse que les femmes ont pris le contrôle. Une intéressante réflexion.

Ce ne sont pas les contes les plus merveilleux qui soient, mais ils nous rappellent que la littérature au temps de Louis XIV est soumise à d’autres objectifs que le simple divertissement.