twilightL'auteur: Stephenie Meyer (née en 1973) est l'auteur à la mode de cette année. Elle est née en Arizona et dit avoir été inspirée par un rêve pour son best-seller Twiligth. Pas grand-chose à savoir donc.

Le livre: Il fallait bien quand même que je sache de quoi ça parle. Bella Swan, dix-sept ans, emménage chez son père dans la petite ville de Forks, pluvieuse et ennuyeuse. Elle pense ne jamais s'adapter jusqu'à ce qu'elle rencontre Edward Cullen, étrange garçon aux humeurs changeantes. Intriguée d'abord, puis fascinée, Bella se doute qu'Edward n'est pas tout à fait normal. Jusqu'à ce qu'on lui confie quelques vieilles légendes à propos des vampires.

Bon, je ne développerai pas plus avant l'histoire, tout le monde la connaît maintenant. J'avoue que j'ai été un peu déçue mais je tenais à rédiger un article sur ce roman dont on parle tant. Sur les 500 pages, il y en a bien 250 d'inutiles: il ne se passe pas grand-chose pendant la première partie du roman, à part Bella qui se demande "Mais qui est Edward?". La seconde partie était plus prometteuse puisqu'elle se propose de renouveler le mythe littéraire du vampire. Ainsi, j'ai aimé la scène où Edward se révèle à la lumière du jour dans la forêt (la seule valable du livre, il aurait fallu commencer par là). Une fois que Bella admet la nature vampirique de son petit ami (ce qu'elle fait avec une facilité à peine crédible d'ailleurs), j'ai pu retrouver quelques accents de ce que j'aimais chez Anne Rice, c'est-à-dire le mode de vie d'un vampire dans notre XXIème siècle qui trouve des subterfuges pour vivre selon sa nature (mention spéciale pour la partie de base-ball si bruyante qu'il faut qu'elle ait lieu pendant un orage pour ne pas attirer les soupçons!). La dernière partie bascule dans le thriller mais là encore, est bien mal menée, puisque c'est Bella qui nous raconte tout, et comme elle passe toute la traque à se cacher ou à s'évanouir, elle ne nous raconte finalement pas grand-chose, malgré le potentiel de la situation.

Passons sur le style inégal et la traduction désastreuse (mais ça, l'auteure n'y est pour rien).

Titre original: Twilight (traduit de l'anglais américain).

twilightLe film : sorti en 2008, réalisé par Catherine Hardwicke, le premier volet respecte la volonté d’une focalisation interne permanente : Bella est en effet la voix off de son histoire. J’ai trouvé l’actrice qui l’incarne  (Kristen Stewart) particulièrement bien choisie, ce qui n’est pas le cas de l’acteur qui joue Edward (Robert Pattinson). Censé être très beau, outre un visage rendu encore plus anguleux par une pâleur surnaturelle lourdement exagérée, sa coiffure extravagante se passe de commentaires. D’étranges choix de mise en scène. Au point de vue de l’intrigue, un ajout notable : dès le début, le chef de police (et accessoirement père de Bella) enquête sur d’étranges meurtres en ville. Ces meurtres sont bien sûr perpétrés par les méchants vampires, et cette modification est ô combien heureuse : elle fait grimper efficacement la tension dramatique et le suspens, et rend Edward et sa famille bien plus inquiétants, rappelant de manière tangible que tout vampire est avant tout un tueur potentiel (ce que la narration de Stephenie Meyer a bien du mal à montrer). Autres choix très appréciables : même lorsque Bella se cache, ou sombre dans l’inconscience, on montre à l’avide spectateur que nous sommes ce qui se passe, c'est-à-dire des vampires en train de brouiller les pistes, un chasseur en traque, et la victoire finale sur le méchant. Bref : une adaptation qui sait tirer profit des potentialités d’un média comme le cinéma. J’ai cependant regretté le manque de sensualité du jeu d’acteur : Stephenie Meyer insiste bien sur l’attirance presque instinctive qui lie Edward et Bella, et j’ai regretté de ne pas voir plus souvent le vampire flairer et effleurer sa belle sous toutes les coutures comme un animal (et vice-versa d’ailleurs), ainsi que le décrit le livre. Les rares scènes de contact dans le film sont surfaites à la manière d’un baiser hollywoodien. Dommage.