51DW7DGPA1LL’auteur : Je n’ai pas trouvé d’information sur Arthur A. Levine, qui est un auteur de langue anglaise.

L’illustrateur : Pour un album aussi beau, l’illustrateur est au moins aussi important que l’auteur. Difficile de savoir qui est Frédéric Clément : la biographie de son site internet qui est là est aussi poétique qu’évasive. Peut-être un artiste qui a la volonté de n’être considéré par son travail plutôt que par sa date de naissance. Pour vous situer, sachez qu’il remporte en 1987 le prix graphique à Bologne avec Le Peintre et les cygnes sauvages, un album magnifique qu’il avait dédicacé pour ma sœur en 1993. Voilà qui ne nous rajeunit pas.

Le livre : Cet album publié en 1993 est inspiré d’un conte japonais. Le petit Kenji est trop faible pour travailler dans les champs avec ses frères, alors pour les distraire il peint des fleurs, des oiseaux, des bols débordant de riz, des chats qui dansent sous la pluie. Mais inquiète de son éducation, sa mère le confie à un monastère, dont il est renvoyé car il peint au lieu de travailler. Emportant avec lui sa boîte de couleurs, il arrive dans un village qui vit dans la terreur d’un rat sorcier et de son épée magique. Mais cela, Kenji l’ignore lorsqu’il frappe à la porte du temple.

Est décliné dans ce conte le pouvoir créateur et sauveur de l’art, le pinceau magique qui ramène la joie malgré la sévérité de la vie. Quant aux dessins de Frédéric Clément, c’est un enchantement : des couleurs pastels et chaudes, des paysages qui se transforment en personnages, comme une brume mystérieuse et mélancolique qui entoure chaque élément. J’ai aimé Frédéric Clément car ses dessins sont toujours entre deux eaux : je n’arrive jamais à décider s’ils veulent rassurer ou inquiéter. Même lorsqu’ils illustrent une happy end, ils ont toujours cet espèce de flottement, de retenue. J’ai plusieurs albums qu’il a illustrés et je ne m’en lasse pas.


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