9782253098300FSL'auteur: Paul Verlaine (1844-1896) est un de ces poètes que l'on apprend en primaire sans comprendre de quoi il parle. Ame torturée entre sa femme et son jeune amant Arthur Rimbaud, initiateur des "poètes maudits", il ne faudrait pas oublier qu'il fut emprisonné pour avoir tiré deux coups de pistolets sur Rimbaud, et qu'il écrivit des poésies appelées "galante" que nous qualifierions aujourd'hui d'érotiques. Comme quoi...

Le livre: C'est toujours difficile de parler de poésie. Ce qui m'a d'abord surprise chez Verlaine, c'est sa fadeur. Une langue simple, sans beaucoup de recherche. Et pourtant. J'y ai retrouvé la mélancolie poétique, le spleen qui m'avait tant marqué chez Baudelaire. Avec Verlaine, cependant, on reste dans une espèce d'entre-deux, de rêverie, de clair-obscur. La mélancolie est aussi le souvenir qui fait du bien, même s'il fait mal. La douleur est là, mais elle est nécessaire. Voici quelques extraits qui m'ont particulièrement parlé, d'abord le très célèbre "Rêve Familier":
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue et que j'aime et qui m'aime
Et qui n'est chaque fois ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime, et me comprend.

Et un autre moins connu, "Le Rossignol", où la phrase, torturée par le rythme despotique des vers et des rimes, nous emmène jusqu'à frôler la crise sans vraiment l'atteindre, et donc voici les derniers vers:
Et dans la splendeur triste d'une lune
Se levant blafarde et solennelle, une
Nuit mélancolique et lourde d'été,
Pleine de silence et d'obscurité,
Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure
L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure.