antigoneL’auteur : Jean Anouilh (1910-1987) est un dramaturge français et metteur en scène. Il avait pour habitude de classer ses pièces en pièces noires, pièces roses, pièces brillantes, pièces grinçantes, pièces costumées, pièces baroques, pièces secrètes et pièces farceuses.

Le livre : ou devrai-je dire la pièce. Montée pendant la seconde guerre mondiale (écrite en 1942, jouée en 1944), il s’agit bien d’une réécriture de la tragédie de Sophocle, mais elle fut très mal accueillie : aucun applaudissement à la première représentation. Il faut admettre que jouer la figure de la résistance en pleine période d’occupation avait de quoi déranger. L’histoire est simple : les princes Polynice et Etéocle se sont entretués : le roi Créon enterre Etéocle et interdit que Polynice reçoive une sépulture. Antigone leur sœur brave l’interdit pour enterrer son frère. Elle tiendra tête à Créon et mourra. Mais c’est surtout la modernité de la pièce qu’Anouilh a voulu mettre en avant : costumes modernes, anachronisme, un mécanisme théâtral affiché par le Prologue, qui devient un personnage nous rappelant que dans la tragédie, tout est bien huilé et se déroule inexorablement jusqu’à la fin. On au théâtre, on n’est pas dans l’historique. Et Antigone marche toujours aussi bien.