Un modèle du conte fantastique français.Le_Horla

L’auteur : Guy de Maupassant, vivant à la fin du XIXième siècle, est particulièrement marqué par sa Normandie natale, la guerre contre la Prusse, le monde des paysans, les questions d’ascension sociale. Lui-même ayant plusieurs maîtresse et un goût pour la vie de plaisirs, on retrouve dans ses romans et nouvelles nombre de prostituées, maîtresses, enfants illégitimes et scènes de mœurs légères.

Le livre : Une nouvelle fantastique, déjà, a tout pour me plaire. Celle-ci met en scène à la fois un surnaturel extérieur, la «monstration» de l’intervention d’un être non-humain, et la progression vers la folie. Deux versions du conte ont été publiées à quelques mois d’intervalle. La première est le récit d’un patient d’un hôpital psychiatrique, dans le récit-cadre qui nous présente des médecins eux-mêmes indécis. La nature du Horla lui-même est indécise : d’abord maladie, folie, puis fantôme, enfin, créature quasi science-fictionnelle vouée à remplacer l’homme sur terre… Le doute et l’égarement allié à une froideur médicale sont fascinants. La deuxième version, écrite sous forme de journal, met l’accent sur la progression de la folie, tout en insérant d’autres manifestations hypnotiques. Le basculement dans la folie est poussé jusqu’à l’annonce du narrateur de son propre suicide (qui bien sûr n’est pas raconté). Tout l’intérêt de cette nouvelle, quelle que soit la version, tient dans l’ambivalence entre le doute, l’hallucination, et l’extraordinaire lucidité du narrateur.

C’est du fantastique comme je l’aime. On sait que c’est de la fiction, on sait que c’est pour de faux. Mais quand même